href="ayodhya/index.htm" href="ayodhya-mh.htm" href="bblal-hindu.htm" href="invasion/index.htm" href="histoire/index.htm" href="indiatoday/index.html" href="contes-legende/krishna-leela/index.htm" Jaia Bharati, information sur l'Inde, Sri Aurobindo, culture indienne, aryen, veda, Babri Masjid, Ayodhya, musulmans, RSS, VHP, BJP, organisations hindoues, Babur, Rama, hindous, hindouisme


Jaïa Bharati logo



TOUTE LA VÉRITÉ SUR L'AFFAIRE D'AYODHYA

L'HISTOIRE D'UNE DÉSINFORMATION


par Marie-Hélène Ettori

 

Article et encadré, parus dans la revue « Éléments » n°106, septembre 2002
Dossier : « L'Inde, la puissance et la fidélité »


     Sur la colline qui surplombe la ville immémoriale d'Ayodhya, « l'imprenable » [1] lieu de naissance du dieu-roi Rama attesté par l'Itihasa (Tradition historique de l'Inde), quatre mille hommes des forces sécuritaires du pays sont postés au moindre détour.
     Tours de contrôles, détecteurs de métaux, fouilles, accueillent sadhus (hommes saints) ou simples dévots qui, démunis de leurs effets personnels, déambulent longuement par un passage tortueux pour se plonger un bref instant dans la radiance des murthis (statues) de Rama, Sita, son épouse, et Lakshman, son frère. Temple de fortune, une bâche décolorée soutenue par des poteaux de bois protège mal des intempéries ces précieuses murthis.
     Pourquoi ce sinistre déploiement sur ce haut lieu de l'Inde ?
     Le 6 décembre 1992, à l'appel de plusieurs organisations hindoues, quatre à cinq cent mille pèlerins venus de tout le pays se rendent à Ayodhya. Et devant les caméras du monde, ils procèdent au démantèlement de la mosquée Babri, érigée en 1528 sur ordre de l'envahisseur moghol Babar (1483-1530) – à l'emplacement et avec les matériaux mêmes d'un temple de Rama, après qu'il a été rasé, temple dont l'ancienneté remontait au XIe siècle.
     Technique de destruction systématique déployée par l'envahisseur islamique de l'Arabie à l'Égypte, l'Iran, l'Afghanistan et jusqu'au Pakistan afin d'oblitérer les cultures préexistantes des kafirs (infidèles) : plus de deux mille monuments musulmans furent édifiés sur des lieux sacrés hindous ayant tous subi le même « holocauste ». Nombre d'épigraphes et de manuscrits d'origine islamique en témoignent.


Soixante-dix-sept batailles pour reconquérir Ayodhya

     Mais les hindous ne cessèrent jamais de célébrer Rama en son lieu de naissance et soixante dix-sept fois, ils livrèrent bataille contre les musulmans pour le reconquérir. Finalement en 1934, parce qu'elle fut endommagée au cours d'un conflit armé, les musulmans abandonnèrent la mosquée Babri, tandis que les hindous continuaient leurs puja (cérémonies) sur un terrain adjacent où, vers 1578, ils avaient élevé deux modestes momuments les Sita ki rasoi et Ram Chabootra. Cependant, le 23 décembre 1949, la statue de Rama fut placée sous le dôme central de la mosquée et devant les foules qui affluaient, le culte hindou s'y installa.
     Il est donc important de souligner que la structure qui fut détruite le 6 décembre 1992 ne fonctionnait plus en tant que mosquée depuis des décennies, mais comme un temple hindou depuis 42 ans. Il faut aussi savoir qu'avant cette date, les autorités hindoues avaient offert plusieurs alternatives aux musulmans : la mosquée Babri ayant perdu toute signification religieuse, celle-ci devrait éventuellement être rétrocédée aux hindous ; le lieu de naissance de Rama étant inamovible, projet de délocalisation de la mosquée aux frais des hindous qui ont déjà prouvé leur savoir-faire en délocalisant le sanctuaire de Kudavelli Sangameshvara, selon la technique utilisée pour le temple d'Abou Simbel en Égypte. Dans plusieurs pays islamiques, des centaines de mosquées furent ainsi transférées pour, entre autres raisons, élargir des routes.
     Mais aucune de ces propositions ne fut retenue. Seule concession accordée : la construction d'un nouveau temple hindou, à l'ombre de la mosquée sur un terrain contigu.
     Pourtant, dès 1989, une frange influente de l'intelligentsia indienne, en grande partie constituée par les historiens de l'Université Jawaharlal Nehru à Delhi et ceux de l'Université musulmane d'Aligarh, se mit à nier – sans pour autant fournir de preuves pour étayer cette négation – l'existence du temple de Rama écrasé sous la mosquée Babri. Fait pourtant référencé dans la respectable Encyclopedia Britannica, et au sujet duquel l'historien et linguiste Harsh Narain (1922-1995) nous a livré plus de cent trente preuves littéraires dans des langues aussi diverses que l'anglais, le français, le hindi, le sanskrit, l'ourdou, le perse, l'arabe [2].


Les preuves de l'ancienneté du temple de Rama

     Pour ces universitaires d'obédience marxiste, alliés aux leaders islamistes et aux puissantes institutions chrétiennes établies en Inde, l'hindouisme représente un obscurantisme auquel il faut appliquer la solution finale à coups de procès et de campagnes de désinformation. Ainsi de l'accusation qu'ils lancèrent contre les hindous de vouloir empiéter sur le site de la mosquée Babri pour construire le nouveau temple à Rama. Or il n'en est rien. Comme stipulé dans le jugement rendu par la Cour suprême de l'Inde [3] le Ram Janmabhoomi Nyas [4] est le propriétaire incontesté d'un terrain de 43 acres adjacent au site disputé, et c'est à cet endroit que le VHP (Vishva Hindu Parishad) [5] se propose d'acheminer les différentes parties du nouveau temple, déjà sculptées dans du grès rose venu des carrières du Rajasthan.
     Deux archéologues de renommée mondiale dirigèrent le programme d'excavations à Ayodhya. De 1975 à 1980, le Professeur B.B. Lal, ancien directeur général de l'Archaelogical Survey of India, puis S.P. Gupta, ancien directeur du musée d'Allahabad. Durant la première phase, quatre tranchées furent creusées à cinq mètres des murs ouest et sud du temple-mosquée. Nous résumons ici les résultats de ces travaux [6] :
     1. Mise au jour des fondations d'une structure à piliers datant du XIe siècle.
     2. Découverte de deux niveaux de sol, l'un au-dessus de l'autre, seulement séparés          par une épaisse couche de débris appartenant à la structure du XIe siècle détruite,          et dont certains matériaux, en particulier 14 piliers, furent réutilisés pour la          construction de la mosquée Babri. Ces piliers en schiste noir portaient des          sculptures décoratives caractéristiques du style hindou cahadval du XIe siècle :          yakshas (génies des eaux, des cieux et de la terre), devakanyas (nymphes          célestes), dwarapal (portiers), purna-ghata (vase sacré), guirlandes de fleurs          entrelacées. Un montant de porte de même style fut retrouvé non loin, ainsi que          deux autres piliers, plantés à l'envers, près d'une tombe musulmane.
     3. Deux inscriptions en perse indiquaient 1528 comme date de la construction de la          mosquée par un certain Mir Baqi, sur ordre de Babar.
     En outre, après la démolition du 6 décembre 1992, 265 artefacts émergèrent des décombres parmi lesquels une cloche de temple hindou et une plaque de grès, dite « Hari-Vishnou », d'un poids de 400 livres, qui constitue la preuve paléographique la plus extraordinaire. Cette plaque, abîmée par endroits, porte une inscription de 30 vers en script sanskrit Nagari Lipi des XI-XIIe siècles, qui consigne la construction d' « un temple merveilleux pour Vishnou-Hari (Rama) avec de splendides piliers et une architecture de pierre embellie par un immense shikhar d'or (tour pyramidale) [...] ». En parfaite conformité avec l'histoire de Rama relatée dans l'Itihasa, la ligne 19 décrit Vishnou (Rama) en train de tuer le roi Bali ainsi que Dashanana à dix têtes (le démon Ravana).
     Mais voulant étouffer l'affaire, les universitaires précités clamèrent haut et fort que les artefacts, dont la plaque « Hari-Vishnou », étaient des faux introduits subrepticement sur le site pendant la démolition du 6 décembre 1992. Cependant quand on sait qu'il n'existe qu'une douzaine de paléographes au monde capables de déchiffrer ce type d'inscription – sans parler de l'insurmontable difficulté que représenterait de ce fait une fabrication de faux (!) – on peut se permettre d'émettre un doute sur une telle allégation. Et probablement par crainte de voir leurs accusations déboutées, les plaignants exigèrent une enquête de police au lieu d'une contre-expertise.
     Après dix ans de procès et d'atermoiements, la Cour suprême de l'Inde n'a toujours pas rendu le verdict qui aurait dû donner aux hindous le droit de reconstruire le temple dont ils furent si brutalement privés voici des siècles. Car loin d'être une querelle autour d'un bout de terrain et de quelques vestiges, Ayodhya est le symbole de la lutte d'un peuple ancien, à la mémoire gravée par des millénaires de tradition orale, qui cherche à se réapproprier son Histoire enfouie sous plusieurs siècles d'invasions et de colonisation.

Marie-Hélène Ettori


(Marie-Hélène Ettori, traductrice, a vécu douze ans en Inde, pays où elle a gardé de nombreux contacts et dont elle continue d'étudier la culture.)



Notes

[1] Traduction sanskrite d' « Ayodhya ».
[2] « The Ayodhya Temple Mosque Dispute: Focus on Muslim Sources », Harsh Narain, Penman       Publishers, Delhi, 1993.
[3] Jugement [1994 (6) S.C.C. 360] Dr Ismail Faruqui vs Union of India. Cité par M. Rama Jois, ancien       juge à la cour suprême du Penjab et de l'Haryana, dans « l'Indian Express » du 4 mars 2002.
[4] Ram Janmabhoomi Nyas : important groupement qui s'est donné pour mission de défendre le       symbole culturel que représente la reconstruction du temple de Rama à Ayodhya.
[5] Vishva Hindu Parishad (Conseil mondial hindou) : mouvement réformiste créé en 1964, porte-parole       de la culture hindoue sur la scène internationale. Parmi ses réalisations, l'une des plus       remarquables fut d'avoir réuni sur une unique plateforme les chefs religieux de nombreuses sectes       hindoues souvent opposées, avec pour priorité, l'abolition effective de l'intouchabilité. Sa branche       féminine a pour nom Durga Vâhini, (Brigade de la déesse au tigre) et sa branche jeunes Bajrang Dal      (Équipe d'Hanuman, le vaillant serviteur de Rama).
[6] À ce sujet voir aussi l'article « Babri Masjid et l'archéologie : la réalité incontournable de l'histoire ».



Sources


- « Some FAQ on Shri Rama Janmabhoomi of Ayodhya », published by Shri Ram Janamabhoomi Nyas,     New Delhi 2001, printed by D.K.Printworld (P) Ltd.
- « Islam Vis-a-vis Hindu Temples », Sita Ram Goel, Voice of India, New Delhi, 1993.
- « Ayodhya Summary of Facts », R.K.Hariprasad and Sonu Nadira, Bharatiya Pragna, March 2002.





La longue marche de Rama vers Ayodhya

     Selon la tradition de l'Inde, Rama est la septième incarnation de Vishnou, deuxième déité de la trinité hindoue : Brahma, le créateur ; Vishnou, celui qui préserve et fait évoluer la création ; Shiva, celui qui détruit et transforme.
     Chaque fois que l'humanité, emportée par son égoïsme, s'écarte du Dharma, la Loi cosmique qui maintient l'ordre du monde, une « descente » de la divinité a lieu. En accomplissant une tâche terrestre, cette incarnation sauve l'humanité du péril, mais aussi l'aide à franchir le pas suivant vers son propre perfectionnement. C'est le concept hindou de l'avatara.
     Rama est l'homme maître de lui-même qui ne trahit jamais le Dharma et par son exemple, enseigne la bonne conduite aux peuples. Fils, frère, roi, époux, père parfaits, il incarne les plus hautes valeurs de l'hindouisme tandis que Sita, son unique épouse, représente la femme idéale, sublime en beauté, foi et amour.
     Le Ramayana (« La marche de Rama ») du poète Valmiki raconte en 24 000 sloka (vers) sanskrits, l'épopée de Rama contraint à l'exil dans la forêt avec Sita et son jeune frère Lakshman à la suite d'une intrigue puis, avec l'aide d'Hanuman, chef de l'armée des grands singes, la destruction de Ravana, roi-démon de Sri Lanka qui avait enlevé Sita.
     De retour à Ayodhya, Rama, par son rayonnement, transforma une période troublée en une ère de vérité. Il est dit que durant son règne, toutes souffrances s'écartaient de ses sujets, et que même la mort disparut pour ceux qui ne la désiraient pas.

Marie-Hélène Ettori

 

 

     
© Jaïa Bharati