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LE SENS D'AYODHYA


par M. K.R. Malkani

(Un des Vice-président du Parti Bharatya Janata)

 

     Tout au long de la polémique autour de Ram Janmabhoomi-Babri Masjid, certains ont proposé que l'on construise le nouveau temple sur le terrain adjacent, et que l'on oublie l'ancien site de Ram Janmasthan, sur lequel une mosquée s'élève aujourd'hui ? L'hindou moyen est doux de caractère, il n'est que trop volontiers prêt au compromis. Mais il y a des sujets qui demandent de la clarté et de la fermeté. Le problème d'Ayodhya en est un. Nous avons besoin d' « Une Inde qui soit capable de dire Non” » à la pseudo-laïcité.

     Pendant des siècles on a désacralisé et détruit un nombre incalculable de temples en Inde. Ce qui a fait naître un sentiment aigu d'injustice au sein de la société hindoue. Il y a quelques années à peine le VHP décidait que trois des sites déconsacrés les plus importants – Ram Janmasthan à Ayodhya, Krishna Janmasthan à Mathura et Kashi Viswanath à Varanasi – devaient être rendus au hindous afin de générer un état d'esprit d' « oubli et de pardon » qui permettrait une grande « réconciliation nationale ». Mais il n'y eu aucun répondant du côté musulman. Et aucun du côté « laïque » non plus.

     Il faut bien comprendre que lorsque les envahisseurs détruisirent les temples ou les convertirent en mosquées, il s'agissait non pas d'actes religieux, mais bien d'actes politiques – ils voulaient montrer par là qu'ils pouvaient faire tout ce qu'ils voulaient à l'Inde et aux Indiens. Il est indispensable de détruire de tels stigmates de l'agression si l'on veut que les vieilles blessures cicatrisent complètement et une fois pour toutes.

     Au début du 19ème siècle, lorsque la Russie occupa la Pologne, elle construisit une cathédrale orthodoxe russe au cœur de la Varsovie catholique romaine. Après la Première Guerre mondiale lorsque la Pologne retrouva sa liberté, un de ses premiers gestes fut de se débarrasser de ce symbole de la domination russe. Arnold Toynbee remarquait dans ses Conférences Commémoratives d'Azad en 1960 : « Peut-être que les Polonais ont-ils en réalité été plus généreux en détruisant le monument par lequel les Russes s'étaient déshonorés que vous ne l'avez été en épargnant les mosquées d'Aurangzeb ». Et justement, les nationalistes indiens qui réclament ce geste symbolique de justice historique font plus pour une unité hindo-musulmane que les pseudo-laïques qui, au nom de la religion, veulent maintenir des mosquées construites sur les ruines des temples qui en fait ne font que constituer une offense pour le regard des hindous empoissonnant ainsi les relations hindo-musulmanes.

     On verra alors que la bataille pour Ram Janmasthan n'est pas une bataille pour notre intégrité religieuse, mais une bataille pour l'intégration nationale. La bataille pour Ayodhya est vraiment la bataille pour l'Inde. En voulant reconstruire le Mandir historique de Ram Janmathan, le peuple de l'Inde cherche à retrouver sa plénitude, il est en quête de son âme et de son accomplissement.

     Après des siècles d'interaction les hindous et les musulmans de l'Inde avaient réalisé une synthèse que l'Empereur Akbar, Sant Kabir et d'innombrables autres incarnèrent. En 1857, les hindous et les musulmans se soulevèrent ensemble pour combattre les Britanniques. Mais ensuite la diplomatie britannique réussit à séparer les musulmans des hindous au sein du Mouvement de Libération. Les séparatistes musulmans, encouragés par les Britanniques, demandèrent que des quotas et des privilèges leur soient accordés et finalement la parité et la partition. Le reste est de l'histoire récente. Sans le désaccord qui aboutit à la partition noyée dans le sang de l'Inde, les hindous n'auraient même pas eu besoin de demander la restitution du site de Ram Janmasthan ; leurs frères musulmans auraient été heureux de leur offrir – comme en fait ils le firent en 1857 lorsque le leader révolutionnaire Amir Ali l'offrit au leader révolutionnaire Baba Ram Charan Das. C'est le désaccord de la période qui suivit qui a fait toute la différence. Les autorités musulmanes ne cessèrent de dire « Non » à tout ce que disaient les hindous, et ils continuent par la simple force de l'habitude. L'hindou a accepté la partition à contre-cœur, en espérant que cela mettrait fin au problème musulman au sein de l'État indien. Mais il se rend compte maintenant que les musulmans ont non seulement taillé des États musulmans au Pakistan et au Bangladesh, mais qu'ils continuent à être tout autant, et même plus que jamais, négatifs en Inde.

     Lorsque l'hindou regarde la carte du monde, il trouve des sociétés musulmanes s'étendant à l'Est et à l'Ouest, vers le Pacifique et l'Atlantique. Il se sent insécurisé. Pendant ce temps la population musulmane s'accroît plus rapidement que la population hindoue dans toute la péninsule indienne. Avec pour résultat que plus d'un million de musulmans ont inondé l'Inde. Cette constatation faite, le sentiment d'insécurité éprouvé par l'hindou grandit. Comment une minorité musulmane peut-elle se sentir en sécurité lorsque la majorité hindoue elle-même est insécurisée ?

    À l'intérieur du pays, le musulman s'oppose à l'hindou au nom de l'Urdu. Il riposte à la protection des vaches par les « droits des bouchers ». Il conteste le « safran » au nom du « vert ». Il conteste le code civil et le planning familial au nom de l'Islam. Il organise une Rahmatnagar à Meenkshipuram au fin fond du Tamil Nadu au nom de la « liberté religieuse ». Il salue les États islamiques dans les pays musulmans mais veut un État laïc dans l'Inde à prééminence hindoue. Il s'oppose même au déplacement de la « mosquée Babri », alors que les États musulmans démolissent des mosquées sans aucun problème dans le simple but d'élargir des routes. Et par dessus le marché il se plaint constamment de son retard économique et culturel – comme si, en quelque sorte, c'était la faute de l'hindou s'il ne va pas à l'école. Au vu de tout cela l'hindou se demande si le musulman ne joue pas au jeu de : « Je gagne et tu perds à tous les coups ».

     L'hindou n'a pas l'intention de devenir théocratique et d'instaurer un État hindou. Il s'est engagé à la liberté religieuse et à l'égalité des droits pour tous les citoyens. Mais il ne veut pas se voir opposer de veto sur tous les sujets. L'hindou est laïque par conviction. Il croit au pluralisme. Mais cette diversité se doit d'être harmonisée en une unité. Comment une société peut-elle se maintenir sans consistance ni cohérence intérieures ? L'Union indienne est une seulement parce qu'elle est hindoue depuis les Himalaya jusqu'aux mers, et du Gujarat au Bengale. Et elle restera une seulement si le caractère hindou est reconnu au lieu d'être rongé.

     Cela ne signifie pas que le non hindou aura moins de droits ; mais cela signifie que le caractère fondamental de l'Inde ne sera pas mis en question au nom de la laïcité. Même Iqbal, le penseur de la partition, avait salué en Rama l' « Iman-e-Hind ». Que les Indiens musulmans acceptent Rama comme Iman-e-Hind – et même comme les Indonésiens musulmans qui voient en lui le héros par excellence – et tous les problèmes hindo-musulmans s'évanouiront.

     Il se trouve des gens bien intentionnés pour penser que l'Inde devrait trouver sa cohérence grâce à la démocratie, à la laïcité et au socialisme – et non grâce à l'Hindutva. D'abord, il n'y a pas de contradiction entre ces trois « ismes » et l'Hindutva. Ensuite la pratique corrompue de ces « ismes » les a complètement discrédités. Mais même si ces ismes fonctionnaient parfaitement, le besoin fondamental d'une culture nationale comme base de l'identité et du développement national n'en demeurerait pas moins. Par exemple, seule une authentique Inde hindoue peut réunir les forces du Swadeshi afin de stopper la mainmise étrangère sur l'Inde au nom de la « globalisation ». À l'Ouest cette base est fournie par l'héritage judéo-grec, en Asie de l'Ouest par l'Islam perso-arabe, en Chine par le Confucianisme, au Japon par le Shintoisme, en Inde ce ne peut être que ce que Sri Aurobindo appelait le « vaste hindouisme ».

     Aucun pays ne devrait être privé de son dharma ou caractère, parce que c'est sa vie. En l'absence de son caractère nous n'aurons que confusion, corruption et chaos. Que le Pakistan s'ancre dans l'Islam, que l'Inde s'ancre dans l'Hindutva. Ainsi sécurisés dans leurs racines respectives, les hindous et les musulmans du Pakistan et du Bangladesh redécouvriront le fait que nous sommes peut-être trois États souverains mains que nous sommes tous « Un seul peuple ». De cette manière nous pouvons vivre séparés, mais vivre en paix et en bonne intelligence. Ayodhya est un tournant important dans la marche du pèlerin indien vers l'unité et la paix de la péninsule. Voici sous nos yeux la thèse indo-aryenne, son antithèse et sa synthèse. Ceci est le sens profond d'Ayodhya que ses avocats tout comme ses détracteurs ont besoin de comprendre et de prendre en compte.


M. K.R. Malkani

(Traduit de l'Anglais – 1993)

 





     
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