Alors que les guerres de 1965 et 1971
contre lInde sachevèrent par une déroute militaire
et un désastre politique la sécession du Bangladesh
est une conséquence de celle de 71 , à la fin des
années 80, conscients quils ne pourraient semparer
par la force armée de la vallée du Cachemire en
Inde mais majoritairement peuplée de musulmans , les
dirigeants et les militaires de la république islamique du Pakistan
adoptent une nouvelle stratégie. Ils infiltrent dans la vallée
des milliers de militants islamistes formés et entraînés
au Pakistan ayant pour mission dorganiser la djihad pour la sécession
du Cachemire de lInde et son rattachement au Pakistan.
À partir de 1989 des organisations
séparatistes musulmanes « cachemiries »
apparaissent dans la vallée. Jouant sur la fibre religieuse leurs
dirigeants appellent par des discours incendiaires les musulmans de
la vallée à se soulever et à lutter pour se libérer
de « loccupant et oppresseur indien ».
Celui-ci a un visage, celui des Pandits.
Ces hindous, premiers habitants du Cachemire dont la culture et la civilisation
remontent à plusieurs millénaires, devenus minoritaires
sur leur terre ancestrale après les massacres et les conversions
forcées qui accompagnèrent les invasions musulmanes successives
que connut le Royaume du Cachemire à partir du XIIe siècle.
Commence alors une campagne dintimidation
puis de terreur à leur encontre. Des listes de noms de Pandits
ciblés par les islamistes circulent, assassinats et attentats
sont perpétrés par de « mystérieux »
hommes cagoulés armés de kalachnikovs. Bientôt les
organisations séparatistes conseillent aux Pandits de quitter
la vallée sils veulent rester en vie.
Et le 19 janvier 1990 débute lun
des plus grands exodes du XXe siècle.
Dans les principales agglomérations
de la vallée du Cachemire, après la prière du soir,
des milliers de fidèles musulmans, chauffés à blanc
par les prêches fanatiques de leurs mollahs et les discours des
militants islamistes à la solde dIslamabad, fondent sur
les quartiers hindous, massacrent leurs habitants, semparent de
leurs biens, violent les femmes.
Ce jour-là, des dizaines de milliers
de Pandits prennent la décision douloureuse de fuir la terre
de leurs ancêtres pour échapper à ces pogroms
ils seront plus de 300 000.
Mais le monde resta silencieux face à
la tragédie des Pandits cachemiris.
Alors que la communauté internationale
se mobilisait pour les musulmans de Bosnie, elle ferma les yeux sur
lépuration ethnique qui sévissait sur les contreforts
himalayens. Jugeant peut être politiquement correct de regarder
ailleurs alors quune coalition menée par les États-Unis
sapprêtait à semer la tempête dans le désert
irakien, attirant lanimosité du monde arabo-musulman sur
lOccident.
Cest cette tragédie des Pandits
cachemiris que relate Ashok Pandit dans ce court métrage, au
travers dimages darchives stupéfiant
ce discours exalté de Benazir Buttho, alors Premier ministre
pakistanais, appelant les musulmans cachemiris à linsurrection
et de témoignages bouleversants de ces hommes et femmes chassés
de leur terre ancestrale filmés dans les camps de réfugiés
du Jammu où ils vivent misérablement, oubliés de
tous et en premier lieu de leur propre gouvernement. Car tous ceux qui
se sont succédés à New Delhi depuis 1989, début
de « linsurrection », ont en effet indignement
détourné le regard, pour ne pas froisser une communauté
musulmane forte de plus de 150 millions dâmes dont le vote
est si convoité et la violence redoutée, laissant les
pandits cachemiris à leur détresse.
Laurent Baldo
Fiche technique :
Titre :
And the World Remained Silent
Écrit et produit par Ashok
Pandit
Réalisé par :
Raman Kumar
Distribué par :
Samay Creation
Année :
2001
Langue :
Anglais
Durée :
25 mn
Srinagar, 19 janvier 2005
Il ny
a plus aucun Pandit cachemiri à Srinagar, pas plus quailleurs
du reste, dans la vallée du Cachemire ; ils nhabitent
plus ici. Vous les trouverez dans
de sordides camps de réfugiés à Jammu et
à Delhi. 300 000 Pandits du Cachemire au bas mot ont
fui leurs maisons et leur terre et en sont réduits à
vivre en réfugiés dans leur propre pays.
Les deux tiers vivent sous des
tentes à Jammu. Pour le reste, ils sont à Delhi
ou dans dautres villes indiennes. Bon nombre dentre
eux, autrefois prospères et fiers dun riche héritage,
vivent maintenant en situation dextrême pauvreté,
dépendant de la charité et de laide de lÉtat.
Ces 15 dernières années, une génération
entière dhindous cachemiris exilés a grandi
sans voir la terre doù leurs parents ont dû
fuir pour échapper à la barbarie des islamistes,
une terre où ils nosent retourner bien quelle
fasse pourtant partie de leur propre pays.
[ ]
Il est en outre tragique de constater
que ces faits ont été balayés de la mémoire
collective.
Un peuple entier a été
déraciné de la terre de ses ancêtres et
livré à lui-même par un État indien
à genoux qui plie de façon éhontée
devant les revendications de terroristes et de séparatistes
islamistes qui prétendent être les arbitres suprêmes
de la destinée de létat du Jammu et Cachemire.
Une partie de lhéritage culturel de lInde
est détruite, et un chapitre de lhistoire et de
la civilisation indiennes a été éradiqué.
Si cette tragédie avait
eu lieu ailleurs, nimporte où en Inde où
les hindous sont majoritaires, et si les victimes avaient été
des musulmans, on aurait sans nul doute parlé de purification
ethnique et de génocide. On en aurait fait des films
aux titres horrifiants. Des plaintes auraient été
déposées à la Cour Suprême de lInde.
Nos médias se seraient acharnés à rapporter
le plus petit détail. Mais cette tragédie sest
déroulée dans la vallée du Cachemire à
majorité musulmane et les victimes sont toutes des hindous
Kanchan Gupta
19 janvier 1990 :
Les Pandits du Cachemire fuient la terreur islamique
Rediff.com, 19 janvier 2005