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ARCHÉOLOGIE SOUS-MARINE DE L’ANCIENNE DWARKA
DANS L’OKHAMANDAL

Dr A.S. Gaur

Article paru dans La Revue de l'Inde N°3 – avril / juin 2006

 

     Okhamandal, situé dans le district de Jamnagar, dans le Gujerat, sur la côte Ouest de l’Inde, est l’un des centres religieux les plus importants du pays. Cette région marécageuse et touffue qui s’étend sur plus de 100 km2 a attiré des colonisateurs dès l’époque harappéenne (3000 av J.-C.). Le site le plus ancien a été découvert à Nageshvar, sur les rivages Nord d’Okhamandal. La dernière phase de la civilisation harappéenne, quant à elle, apparaît sur l’île de Bet Dwarka, à 5 Kms du port d’Okha.

     Dwarka a aussi connu une intense activité portuaire durant les périodes antique et médiévale. L’un des facteurs d’attraction les plus importants était la richesse de la région en ressources marines, particulièrement la présence de coquillages, tel le turbunella pyrum, qui était extensivement utilisée en Inde pour la décoration ou la fabrication de perles, et qui était exportée vers d’autres régions. Des vestiges importants y ont été découverts, qui sont décrit ci-dessous.

Importance de Dwarka

     L’un des quatre dhamas, ces lieux de pèlerinage parmi les plus importants de la religion hindoue, est situé sur la côte Ouest de l’Inde. De ce fait, c’est l’un des sites sous-marins les mieux étudiés. Un temple gigantesque, dédié à Krishna, est situé sur le fleuve Gomati. La grandeur du temple est encore accentuée par un escalier de 56 marches qui mène le visiteur de la Gomati à l’entrée principale du temple. Selon l’ancienne tradition littéraire sanscrite, la cité sainte de Dwarka fut fondée par Krishna, 8ième avatar de Vishnou, puis disparut par la suite sous les eaux. La ville a sans doute été aussi l’une des portes d’entrée en Inde pour les premiers occidentaux. Le site a été fouillé depuis le début du XXième siècle. Bien que la cité fût fameuse sur le plan commercial et religieux, son exacte localisation est restée longtemps un objet de débat. Plusieurs références littéraires, surtout tirées du grand poème épique, le Mahabharata, ont été examinées pour la localiser. La référence épigraphique la plus ancienne concernant Dwarka provient du plat en cuivre Palatina de Garulaka Simhaditya, daté de 574 apr. J.-C..

À la recherche de Dwarka

     Ce fut une expérience fascinante d’être associé à l’exploration de la cité engloutie de Dwarka, tout au long des deux dernières décennies du XXième siècle. L’idée que nous entrions en contact avec des vestiges de l’époque du Mahabharata ajoutait à notre excitation. En dépit de plusieurs problèmes archéologiques (telle que l’interprétation et la datation des structures), Dwarka reste l’un des sites sous-marins les plus étudiés en Inde. Les fouilles indiquent que c’était un port très actif dans le passé, qui a du être visité par de nombreux marins durant les deux derniers millénaires. En témoignent la découverte de plus de cent ancres de pierre, ainsi que les vestiges d’une ancienne jetée. Un grand nombre de structures reposent au large de Gomati Creek, qui peuvent être les signe d’un ancien port, dans la mesure on n’y trouve aucune trace d’habitation. Le temple de Samudranarayan, le dieu de la mer, a dû servir aux anciens navigateurs comme point de repère de Dwarka.

     Les premier colons de la côte du Saurashtra sont arrivés dès l’époque de la civilisation de l’Indus, sans doute attirés par les ressources marines telles que le turbinella pyrum, le poisson et le sel. Beaucoup de traditions de la période harappéenne, telles que l’artisanat de coquillage et de défense d’éléphant ainsi que la poterie, ont été conservées jusqu’à nos jours au sein de quelques tribus du Gujarat.

     Trente kilomètres environ au Nord de Dwarka se trouve Bet-Dwarka, un autre site important associée à Krishna. Les premiers établissements remontent à la dernière phase de la civilisation de l’Indus. L’île sera à nouveau occupée autour du VIième siècle Av J.-C. sur sa côte sud-est. Là aussi, les activités principales se sont organisées autour des ressources maritimes. L’île était aussi réputée pour sa poterie, car elle fournissait de la vaisselle au reste du Saurashtra et du Kachchh, grâce à la navigation côtière. Le coquillage était la principale ressource économique de cette période et on trouve plusieurs parures en coquillage tels que bracelets et colliers. Il y eut sans doute des échanges importants entre Bahrain et Bet-Dwarka, tant culturels que commerciaux, si l’on en croit les motifs animaliers figurant sur les sceaux indiens, qui rappellent l’art de Bahrain, comme les poteries de l’harappéen tardif présentes à Bahrain. L’île est mentionnée dans le Périple de la mer érythréenne comme « le golfe de Baraca, qui contient sept îles. Le rivage est par endroit abrupt, ailleurs rocheux et escarpé, ce qui fait que les ancres se rompent ou dérivent sur les fonds ». De son côté, Ptolémée mentionne Barake comme une île dans le golfe de Kanthi, qui a été identifié comme le golfe de Kachchh. Il est donc fort probable que Bet Dwaraka était la Baraca et le Barake de ces voyageurs étrangers des premiers siècles de l’ère chrétienne. L’exploration sous-marine de la jetée actuelle a fourni nombre d’objets d’origine romaine, tels que l’amphore et des ancres de pierre ou de plomb, ce qui suggère que l’île entretenait des relations suivies avec les pays méditerranéens durant les premiers siècles de l’ère chrétienne.

Conclusion

     L’archéologie sous-marine révèle les anciennes activités maritimes de la région d’Okhanmandal. D’abord des Harappéens, qui établirent les premières colonies à Nageshwar. Puis Bet-Dwarka se développa à partir de la fin de la période harappéenne. Après une interruption d’environ six cents ans, la région fut à nouveau habitée jusqu’à nos jours. La principale raison de ces établissements était l’existence de ressources marines et de ports abrités. Pendant la période historique, Dwarka et Bet Dwarka furent parmi les ports les plus actifs de l’Inde et entretenait des échanges avec les pays méditerranéens. Plus tard, le site fut connu comme un lieu important de pèlerinage et de piraterie.

Dr A.S. GAUR

© La Revue de l'Inde

 

(Spécialiste d'archéologie marine, il est chercheur au National Institute of Oceanography de Goa depuis 1988 et participe aux investigations archéologiques des côtes indiennes. Il est l'auteur de deux livres : Harappan Maritime Legacies of Gujarat (200) et Archaeology of Bet Dwarka Island (2005).)

 


 

     
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