
LA
GUERRE DE 1962 : LA POSITION DE LA FRANCE
ENTREVUE
DE GAULLE-NEHRU DE SEPTEMBRE 1962
par
Claude Arpi
Paru
dans La Revue d'Auroville n°20, mars 2005
éditée par Auroville
Press
Dans
la vie dun individu ou dune nation il y a parfois des moments
si traumatiques quils restent ancrés pendant des années
ou même des décennies dans la mémoire de ces personnes
ou ces peuples. LInde a vécu un tel moment le 20 octobre
1962. Aujourdhui, 43 ans après, elle ne sen est pas
vraiment remise. Il est intéressant de rappeler les faits et
de voir quelle a été la position de la France durant ces
jours difficiles.
Le 17 octobre 1962, dans la région
la plus désolée et reculée du Ladakh, à
la frontière de la Chine de Mao et de lInde, des soldats
indiens à peine aguerris à la haute altitude (plus de
5000 m), furent témoins dune scène insolite. Surgissant
de nulle part, quatre jeeps peintes en blanc apparurent soudain. Le
fait, rapporté au quartier général indien, laissa
tout le monde perplexe. Lexplication ne fut pas longue à
venir : exactement 3 jours plus tard, le 20 octobre à 10
heures du soir, lavant-poste indien vit soudain apparaître
un grand nombre de troupes chinoises. Cétait le début
de linvasion dune Inde pacifique à outrance par les
troupes communistes. Les soldats indiens comprirent alors que les militaires
aperçus dans la jeep étaient des officiers chinois faisant
leur dernière reconnaissance avant lattaque sur leur pays,
planifiée de longue date.
En effet, une heure plus tard, les bombardements
chinois du camp indien commençaient. Pour les Chinois, il fallait
« assouplir » les défenses de lennemi
indien. Que pouvait faire un avant-poste avec ses cinq gardes contre
des centaines de Chinois mieux équipés ? Quatre des soldats
indiens furent tués sur-le-champ et le dernier réussit
à se replier sur Daulat Beg Ali, le cantonnement indien le plus
proche. Mao avait préparé cette attaque depuis des années.
Il voulait se venger de lInde lInde qui avait osé
donner asile au Dalaï-lama en 1959.
Du côté indien, personne
nétait prêt, depuis des années, on avait rabâché
aux masses : les Chinois sont nos frères (« Hindi-Chini
Bhai Bhai »), les dirigeants eux-mêmes croyaient en
leur slogan.
Il faut signaler que ce même jour,
la Chine attaqua lInde sur un autre front à quelque 2500
km de là. En fait les hostilités avaient
débuté tout le long de la frontière commune entre
lInde et la Chine communiste à partir de la jonction Birmanie-Tibet,
en passant par la ligne McMahon [1],
jusqu'à Daulat Ali Beg au pied du col du Karakoram, point le
plus occidental de la frontière entre les géants asiatiques
[2].
La tactique militaire sera la même
dun bout à lautre du sous-continent. Vagues après
vagues de soldats chinois déferleront sur les troupes indiennes,
pas suffisamment (ou souvent pas du tout) préparées, qui
nauront dautre solution que de se faire tuer sur place ou
de se constituer prisonnières.
Limage dun officier indien
nous revient à lesprit : ce jour-là il était
sur le front est pour inspecter ses troupes. Au petit matin, sortant
de son bunker, devant la chaîne de Thagla dans le NEFA (aujourdhui
Arunachal Pradesh), il vit les collines vertes de soldats chinois
les uniformes de lArmée de libération du peuple
étaient vert olive qui descendaient vers le pont de la
rivière Namkha divisant les armées indiennes et chinoises.
Lorsquil décrivit à son supérieur ce quil
avait devant les yeux, celui-ci refusa de le croire. Lofficier
hurlait sur sa radio portable : « Comme des fourmis, des
fourmis ! » Mais les dirigeants indiens durent bientôt
se rendre à lévidence. Mao avait lancé une
attaque sur toute la frontière nord de lInde.
Sur le front est comme à louest,
les postes durent se rendre un à un.
Au Ladakh, assaillis par le constant déferlement
de troupes chinoises, les avant-postes près de Daulat tombèrent
aussi. Pour comprendre la situation, il faut savoir que pour établir
ces postes, les troupes indiennes avaient mis plus de dix jours à
couvrir les cent kilomètres les séparant de toute vie
humaine alors que, de lautre côté de la frontière,
les Chinois pouvaient faire leur inspection en jeep.
À Daulat, la garnison de 125 soldats
et officiers fut très vite entourée de quelque mille soldats
chinois, mieux armés, plus chaudement habillés et très
décidés. Finalement, le quartier général
ordonna aux troupes indiennes de se retirer. Ce quelles firent
après avoir détruit toutes les armes non transportables.
Le même scénario se reproduisit
dans le secteur central de lAksai Chin durant les deux jours suivants.
Les garnisons tombèrent toutes et souvent il ny avait pas
même de survivants pour raconter ce qui sétait passé.
Par exemple, le dernier message dun poste nommé Kongma
fut reçu le 22 octobre à 2 heures de laprès-midi
: « 300 soldats chinois avancent vers nous, ils ne sont plus
quà 300 mètres. » Puis plus rien.
Dans le secteur sud du Ladakh, les Chinois
étaient là aussi en surnombre. Les soldats des postes
de Chang-la, Jara-la et quelques autres avant-postes près du
lac Panggong durent battre en retraite. La proportion des combattants
était toujours pratiquement la même, un soldat indien pour
vingt Chinois.
Ce nest que le 28 octobre que lavancée
chinoise sarrêta soudain (temporairement). Le général
Jagjit Singh qui était en poste à Leh et qui relata lhistoire
des opérations militaires au Ladakh, explique : « Lagression
chinoise sarrêta temporairement. Probablement, ils voulaient
maintenant un peu de répit pour lécher leurs
plaies après la bataille acharnée et aussi se regrouper
pour les prochaines opérations offensives [3]. »
La deuxième raison est, nous semble-t-il,
la plus plausible. Beijing voulait sans doute avoir une vue générale
du front après une semaine de guerre. Les dirigeants communistes
voulaient probablement attendre de voir les réactions de Moscou
et de Washington et savoir si les Indiens trouveraient de nouveaux alliés
dans cette période de difficulté.
Du côté indien, en moyenne
quatre soldats sur cinq défendant les postes avancés périrent
ou furent faits prisonniers. Cétait énorme. Ici,
il nétait même pas question de « lécher »
ses plaies, car il ny avait pratiquement que des cadavres. Il
en fut de même sur le secteur est, rien ne pouvant arrêter
la déferlante chinoise vers les plaines de lAssam.
Le 22 octobre, le Premier ministre indien
sétait adressé à la nation : « Il
ny a peut-être pas beaucoup dexemples dans lhistoire
où un pays, comme lInde, a tout fait pour avoir une relation
amicale et pour coopérer avec le gouvernement et le peuple chinois.
Nous avons plaidé leur cause dans tous les forums mondiaux. Et
voilà comment ils nous remercient des services rendus ! Ils ont
été jusqu'à commettre une agression [sur lInde]
et envahir notre sol sacré. Nulle nation qui se respecte, et
cest sûrement le cas de lInde, avec son amour pour
la liberté, ne peut accepter cela, quelles quen soient
les conséquences ». Mais il était un peu tard
pour se rendre compte que lidéalisme ne paye pas souvent
dans les relations internationales, en particulier avec des pays totalitaires.
La réunion de Gaulle-Nehru en septembre
On nen était
pas arrivé là en un jour. En fait, la situation sétait
sérieusement dégradée depuis le milieu des années
cinquante et en dépit de longs pourparlers pour essayer de régler
le conflit frontalier en 1960, aucun progrès navait été
fait. Les Chinois étaient trop gourmands ; ils insistaient pour
garder tous les territoires quils avaient occupés au Ladakh
quelques années plus tôt et sur lesquels passait une route
des plus stratégiques reliant le Tibet au Sin-Kiang. Il nétait
point question pour Mao (comme aujourdhui pour les dirigeants
de la Quatrième génération) dabandonner cette
région désertique mais si importante pour la survie de
lempire.
Alors que la tension montait et que lInde
continuait à croire à la « fraternité »
entre les deux peuples, Nehru le Premier ministre de l'Inde fit une
visite en France du 20 au 22 septembre (c'est-à-dire un mois
avant le jour fatidique). Le 20, peu après son arrivée,
il eut un premier entretien politique avec M. Pompidou, qui porta surtout
sur les grands problèmes de l'actualité internationale.
La question de l'accroissement de l'assistance technique et culturelle
de la France à l'Inde fut également évoquée.
Le samedi 22 septembre 1962 Nehru rencontre
le général de Gaulle pendant une heure. En guise dintroduction
il remercie le général « pour le règlement
satisfaisant de la question de Pondichéry ». Il le
félicite également pour son rôle dans la solution
algérienne.
Rappelons que durant sa séance
du 12 juillet, lAssemblée nationale avait voté à
main levée le projet de loi autorisant la ratification du traité
de cession des Établissements français de Pondichéry,
Karikal. Mahé et Yanaon à lUnion indienne. Comme
nous lavons mentionné dans la Revue commémorative
des 50 ans de la cession de facto, le traité de cession du 28
mai 1956 navait pas été immédiatement ratifié
par lAssemblée nationale. Ce nest quaprès
que lAlgérie eut proclamé son indépendance
le 3 juillet 1962 que cela fut fait.
De Gaulle répond à Nehru
: « Il a été d'autant moins difficile de régler
la question de Pondichéry que les deux pays sont d'accord pour
que cette ville serve de lien culturel entre l'Inde et la France. Quant
à la question algérienne, elle est résolue pour
ce qui concerne la France. Il appartient désormais aux Algériens
de surmonter leurs difficultés. La France entend désormais
les y aider. Elle a le désir sincère de coopérer
avec l'Algérie en application des accords d'Évian. »
M. Nehru réitère son espoir
de voir Pondichéry « constituer une fenêtre
vers la culture et la langue française. » Il félicite
le général pour sa visite triomphale en Allemagne (du
4 au 9 septembre) : cétait un événement historique.
Le général de Gaulle revient
sur l'Inde, constatant que lInde « a répondu
à la plupart des questions que le doute pouvait inspirer au lendemain
de lindépendance. » Il ajoute : « l'Inde
connaît les grandes difficultés d'un grand pays souffrant
de grands retards, mais elle progresse. » Il exprime les sentiments
de son pays : « La France éprouve une grande sympathie
envers cet effort, qui est capital du point de vue humain et auquel
elle contribuera dans la mesure de ses moyens (et aussi dans la mesure
où une telle contribution est désirée). »
La discussion continue sur ce ton. Durant
le cours de la conversation Nehru mentionne son désir pour « un
règlement pacifique du différend des frontières
avec la Chine » Il ajoute que « l'Inde serait obligée
de se défendre contre l'agression. »
Cest tout ce qui fut dit sur la
menace de guerre avec la Chine.
Pendant le reste de lentrevue, les
relations commerciales avec la France et le Marché commun, en
particulier les négociations de Bruxelles qui avaient convenu
de donner des avantages à l'Inde, sont discutées. De Gaulle
explique les problèmes que crée lentrée de
la Grande Bretagne dans le Marché commun du fait des relations
des Britanniques avec le Commonwealth.
Nehru demande alors au Président
de la République sil est vrai quil ait déclaré
un jour que la Communauté européenne économique
s'étendrait jusqu'à l'Oural.
Le général répond
: « Cela ne dépend pas des Occidentaux. En France,
il n'y a jamais eu d'hostilité naturelle contre le peuple russe.
La France ne veut pourtant pas d'une domination russe, ni que la puissance
russe serve à la domination communiste. Si le communisme disparaît
ou évolue, s'il cesse d'être tyrannique, il [le général
de Gaulle] ne désespère point de voir s'établir
un contact avec l'Europe orientale et se conclure des arrangements économiques,
politiques et culturels européens de l'Atlantique à l'Oural. »
Le Premier ministre indien remarque alors
que le régime communiste a déjà un peu changé.
De Gaulle nest pas complément
convaincu : « Peut-être, et nous aussi, en appliquant
une planification, nous sommes devenus en partie socialistes dans le
bon sens du terme ; peut-être les Soviétiques sont-ils,
de leur côté également, devenus plus libéraux.
C'est d'ailleurs la seule chance du monde ».
Si une telle évolution se produit,
explique le Président français, « les Européens,
et en particulier les Français, auront plus de facilité
pour traiter avec la Russie que les États-Unis, car ils ne sont
pas rivaux directs des Russes et ils appartiennent comme les Russes
à l'Europe. »
Aussi paradoxal que cela puisse paraître,
cest le général de Gaulle qui engage à nouveau
la conversation sur la Chine. Il dit à son interlocuteur indien
: « Mais une autre question se pose, plus importante encore
que celle de lU.R.S.S., c'est celle de la Chine, qui représente
une inconnue, alors que les problèmes soviétiques sont
déjà connus et délimités. »
Nehru est daccord : « l'Union
soviétique semble évoluer vers la normalité tandis
que l'immensité chinoise représente un grave danger. »
Il ajoute que lU.R.S.S. n'aimerait d'ailleurs pas que la Chine
devienne très forte.
Lorsque de Gaulle lui demande si l'U.R.S.S.
se méfie des progrès chinois, Nehru ne sait que répondre.
Selon Nehru : « l'U.R.S.S. retire ses techniciens de la Chine
après lavoir beaucoup aidée », il pense
seulement que malgré ses difficultés agricoles et économiques,
la Chine est « un État puissant dont il est malaisé
de prédire l'évolution. »
Il aborde le sujet de la bombe chinoise
: « Actuellement, la Chine consacre une grande partie de
ses ressources à la création de la bombe atomique, surtout
pour une question de prestige. » Il clarifie la position
indienne : « Avant même que la Chine ne devienne communiste,
l'Inde avait commencé à développer l'énergie
atomique, mais a des fins pacifiques, énergétiques. »
Sa conclusion : « Quel que
soit le mécontentement des masses chinoises, le gouvernement
est assez puissant pour ne pas en être menacé. »
Il navait que partiellement raison
car la Chine était en train de passer par de grands bouleversements
politiques. Il faut rappeler que Mao était aux prises avec toutes
sortes de problèmes internes. Après trois ou quatre ans
d'application du Grand bond en avant et dune politique agricole
catastrophique, plus de 30 millions de Chinois étaient morts
de faim : une famine créée de toutes pièces par
le Grand timonier.
Beaucoup de questions étaient soulevées
au sein même du Parti. Mao était contesté par des
leaders comme le Maréchal Peng Denhuai ou le futur Président
Liu Shaoqui. La guerre avec l'Inde fut certainement une « aventure »
destinée à distraire ceux des cadres du Parti qui étaient
désireux de défier le leadership de Mao. Il ne faut pas
oublier que Lin Biao, son protégé de l'époque,
était le ministre de la Défense, et rien naide mieux
à détourner l'attention populaire qu'une guerre facile
à remporter. Ces difficultés expliqueront aussi la trêve
inattendue (qui surviendra un mois après lattaque), dans
la mesure où Mao voulait connaître les réactions
à sa nouvelle entreprise, non seulement à lintérieur
du Parti, mais aussi à Moscou et Washington.
À la fin de lentrevue de
Gaulle-Nehru quelques mots sont échangés sur la situation
dans le Sud-Est asiatique.
Le surprenant dans cet entretien entre
les chefs dÉtat français et indien, cest que
les incidents de frontières très sérieux qui ont
eu lieu en août-septembre 1962 sont à peine signalés
par Nehru. Est-ce que le Premier ministre ne réalisait pas les
conséquences qui allaient suivre ? Pensait-il pouvoir encore
pour traiter seul avec la Chine ? Cest sans doute possible.
Pourtant la situation ne pouvait pas manquer
dinquiéter un observateur neutre. Entre le 21 juillet et
le 20 octobre 1962, pas moins de 87 lettres étaient échangées
entre les ministères des Affaires étrangères de
la Chine et de lInde, uniquement sur des incidents sur la frontière
commune au Ladakh ou dans le Nord-est (NEFA). Un des incidents les plus
graves eut lieu le 8 septembre, cest-à-dire exactement
2 semaines avant lentretien de Gaulle-Nehru.
Le général de brigade John
Dalvi commandant les forces indiennes dans le NEFA, alors quil
partait en congé, reçut le 8 septembre dans la matinée
le message suivant : « Le commandant du poste de Dhola nous
a fait parvenir des messages désespérés que 600
soldats chinois ont traversé la chaîne de Thagla [la frontière
entre lInde et la Chine] ce matin à 8 h et se dirigent
vers le poste de Dhola. Ils sont passés par le pont fait de troncs
darbres et ont coupé une des routes de ravitaillement.
Ils menacent de couper leau potable du camp. Le commandant demande
aide immédiate. »
Le général Krishna Tewari,
qui était à cette époque le commandant du régiment
des Transmissions pour tout le NEFA joua un rôle important dans
lépisode. Il se souvient dans ses Mémoires : « Tout
le monde savait que la colonne de secours navait pas déquipement
radio portable qui pouvait fonctionner durant la marche de la colonne
[vers le camp de Dhola] et le message de [son arrivée à
bon port] ne pourrait être reçu de Dhola quaprès
la jonction. De plus ce message devrait venir en plusieurs étapes
: tout dabord de Dhola vers le quartier général
du bataillon, puis vers celui de la brigade et ensuite vers nous [le
quartier général de la division à Tezpur]. Ces
quartiers généraux intermédiaires étaient
eux-mêmes en marche et aucun dentre eux navait déquipement
radio portable dune puissance suffisante pour retransmettre sur
de longues distances alors que le quartier général se
déplaçait. »
Krishna continue : « Vers 9
h du soir, la nouvelle de larrivée de la colonne de secours
nous fut apportée par lInspecteur Général
des Assam Rifles (IGAR). Il annonça dune façon dramatique
quil était informé par ses hommes que la jonction
avait bien eut lieu. Il venait de marquer un point aux frais des services
de transmissions de larmée régulière sous
mon commandant. » Les Chinois se retirèrent mais ce
nétait que partie remise.
Cet incident montre que non seulement
larmée nétait pas prête et ne possédait
pas léquipement nécessaire, mais quégalement
il y avait une rivalité intestine entre larmée et
les forces paramilitaires, ce qui naugurait rien de bon pour les
semaines à venir. En fait, lorsque les résultats dune
enquête furent plus tard rendus publics, on découvrit que
les Assam Rifles avaient intercepté le message de larmée
et se létaient accaparés pour la gloire. Krishna
conclue : « Les événements allaient de plus
en plus vite. »
Au même moment, lentrevue
de Gaulle-Nehru nous montre que le Premier ministre indien pensait être
en mesure de résoudre ses propres problèmes sans même
en informer un pays ami comme la France. Cela suivait une certaine logique.
Nehru navait-il pas depuis plusieurs années annoncé
que lInde sétait donnée
pour mission de résoudre dune façon pacifique la
plupart des conflits asiatiques ? Alors pourquoi pas les siens ?
(Français, Claude
Arpi vit en Inde depuis plus de 29 ans. Il est non seulement un
spécialiste du Tibet mais aussi des relations sino-indiennes
et indo-pakistanaises qu'il analyse dans son nouvel ouvrage Cachemire,
le paradis perdu publié en octobre 2004 aux Éditions
Philippe Picquier. Il est également l'auteur de deux autres livres
: La politique française de Nehru 1947-1954 et Long
and dark shall be the night : the Karma of Tibet. Claude Arpi écrit
aussi régulièrement des articles pour Rediff.com, le permier
portail indien d'infor-mations et le journal indien The Pioneer.
E-mail : claude@auroville.org.in
ou tibpav@satyam.net.in)
Notes :
[1] Qui avait été le résultat
de la Conférence de Simla en 1914 entre lInde britannique,
la Chine et le Tibet.
[2] En fait, la frontière commune entre le Cachemire
et la Chine communiste allait beaucoup plus loin vers lest, vers
des régions maintenant occupées par le Pakistan.
[3] Jagjit Singh, General, The Saga of Ladakh,
(New Delhi : Vanity Books, 1983), p. 64.
