UTTAR PRADESH

MIGHTY MAYA

  

Mayawati leader du Bahujan Samaj Party [BSP] remporte les élections en Uttar Pradesh.


La ministre en chef de l'état indien d'Uttar Pradesh, Mayawati Kumari, lors d'une conférence de presse à Lucknow, le 11 mai 2007.     Intronisée, dimanche 13 mai, ministre en chef de l'Uttar Pradesh, Mayawati Kumari va cette fois diriger seule cet État de 180 millions d'habitants. La victoire absolue remportée aux élections provinciales par son parti, le Bahujan Samaj Party (BSP), qui représente les dalits (intouchables), est une première, depuis seize ans, dans cet État du nord de l'Inde où la politique se joue encore par les castes.

     À 51 ans, cette institutrice élevée en politique par le fondateur du BSP, Kanshi Ram, a surclassé ses rivaux avec lesquels elle avait dû composer lors de ses trois précédents règnes.

     La défaite risque d'être particulièrement amère pour Rahul Gandhi, étoile montante du parti du Congrès et héritier de la dynastie Nehru-Gandhi, qui avait fait campagne sans relâche pour tenter de redonner vie à sa formation. Autre grand perdant, le Bharatiya Janata Party (BJP, nationaliste hindou) qui semble avoir perdu le vote traditionnel des brahmanes, la caste supérieure. Ministre en chef sortant, Mulayam Singh Yadav, du Samajwadi Party (socialiste), a vite reconnu sa défaite.

     Mme Mayawati doit son succès à une campagne qui n'a pas été menée exclusivement en faveur des dalits. Défiant les prévisions de nombreux observateurs, elle a réussi à former une puissante alliance entre les dalits et les brahmanes.

     « La victoire de Mayawati a le potentiel pour déclencher une nouvelle révolution sociale en Inde, a commenté l'analyste politique Chandra Bhan Prasad. Tandis qu'ils prêtaient serment, tous les ministres, y compris ses collègues brahmanes, se sont inclinés aux pieds de Mayawati. Le message est clair et fort. Avec le brahmane comme nouvel ami, le dalit peut marcher la tête haute ».

 

Mayawati Kumari en couverture de l'hebdomadaire India Today

 

 

Rahul Gandhi, grand perdant des élections législatives de l'Uttar Pradesh

     Sans lien de parenté avec le défenseur de la non-violence, la famille Gandhi dirige l'Inde depuis des décennies. Mais, à 36 ans, Rahul, symbole de la nouvelle génération, vient de perdre les élections législatives dans l'État de l'Uttar Pradesh (Nord). Le Parti du Congrès n'a remporté qu'une vingtaine de sièges sur les quatre cent trois, contre deux cent deux pour le parti Bahujan Samaj (BSP), le parti des intouchables, les hors castes.

     Fils de Sonia, la chef du Parti du Congrès au pouvoir et Rajiv Gandhi (ancien Premier ministre assassiné), petit-fils d'Indira Gandhi (ancienne chef du gouvernement également assassinée), et arrière-petit-fils de Nehru (père de l'indépendance du pays), Rahul porte sur ses épaules tout un héritage familial. Après avoir suivi des études d'économie aux États-Unis et occupé un poste de consultant financier en Grande-Bretagne, il s'est lancé en politique en 2004. Certains le trouvent charismatique, d'autres sans envergure pour remplacer sa mère Sonia, critiquée pour ses origines italiennes, à la tête du Parti du Congrès en prévision des élections nationales de 2009. Sa soeur Priyanka semble, elle, prête à reprendre le flambeau.

Sonia Gandhi, Rahul et Priyanka
Sonia Gandhi, Rahul et Priyanka

 

 

 

     
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