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RÉGRESSION SPATIALE POUR LHÉRITAGE HINDOUVinod
Saighal Article paru dans La Revue de l'Inde N°1 octobre / décembre 2005 |
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Contrecarrer les efforts de lInde visant à obtenir un siège permanent au Conseil de Sécurité de lONU. (Notons que cette position du Pakistan et du Bengladesh na été reprise par aucun autre pays musulman), |
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Garder la question du Cachemire ouverte dans les forums mondiaux. Là aussi, la base des revendications constamment rappelées est la religion, |
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De concert avec la Chine, limiter laccès de lInde à lAsie centrale, par la répression ou lélimination systématiques des cultures indigènes, dans un arc qui va dAfghanistan au Tibet, en passant par le Jammu, le Cachemire et au-delà, |
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Réduire le colosse indien à létat de géant quémandeur, en lobligeant à plaider sa cause devant la communauté internationale pour le sauver du terrorisme transfrontalier en provenance du Pakistan. Notons que ce terrorisme a manifestement une dimension religieuse qui vise non seulement lacquisition de territoires mais léviction dhindous hors de zones à prédominance musulmane, |
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Mettre lInde sur la défensive sur plusieurs fronts, |
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Obliger lInde à dénormes dépenses pour contrer la menace de conflits de basse intensité générés par le Pakistan sur une base religieuse, ou financés par lui, |
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Créer des tensions sur les frontières indo-népalaise et indo-bengladeshie, |
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De concert avec lArabie Saoudite, contribuer à lénorme prolifération de madrassas (écoles coraniques), en Inde et dans le sous-continent, notamment au Bengladesh et dans la zone frontalière Indo-népalaise, |
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Soutenir des groupes militants dans le Nord-Est en dépit de lécrasante défaite militaire de 1971, |
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Multiplier les cellules de jihadis en de nombreux points de lInde et du sous-continent, |
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Mettre en circulation de grandes quantités de fausse monnaie dans le pays, |
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De concert avec ses sympathisants au Bengladesh, pousser les hindous à lexode dans les deux pays, |
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Installer des éléments hostiles en résidence permanente en Inde, en vue dactivités anti-indiennes à venir, ayant pour cible tout ce qui est hindou, |
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Prendre une place dominante dans la pègre de Mumbaï (Bombay) et dautres villes de la côte Ouest à travers ses représentants basés à Mumbaï, |
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Infiltrer lindustrie de cinéma de Mumbaï, |
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Favoriser la mise en place daxes politico-criminels dans la plupart des États régionaux de lOuest, notamment au Maharastra et au Gujarat, |
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Entretenir laction militante au Jammu et Cachemire, |
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Effectuer dinnombrables actes de subversion, de sabotage et de terrorisme, |
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Subvertir la psyche islamique et mettre en place des mouvements panislamiques à tonalité anti-hindous et anti-Inde. |
Quand on regarde objectivement lénumération ci-dessus, les implications qui en découlent devraient nous faire réfléchir. Il est inconcevable quun pays de la taille de lInde, qui dispose de ressources bien supérieures à celles de son adversaire, le Pakistan, ait laissé cet état de choses se développer au fil du temps, a fortiori après avoir remporté quatre guerres contre lui. Si lInde avait essuyé un échec dans lun quelconque de ces conflits, les conséquences pour les hindous auraient été si sinistres quil vaut mieux ne pas y penser. La question est dès lors de savoir si lInde est intrinsèquement faible ou si elle a été artificiellement affaiblie par de mauvaises politiques, de mauvaises options militaires, et par une incapacité à comprendre comment larme religieuse est utilisée par le Pakistan et, plus récemment, par le Bengladesh ainsi que la réponse qui doit y être apportée.
Si lon veut porter remède aux faiblesses que lon a laissées se développer dans la pensée stratégique de lInde, ainsi que dans les modes de réponse inadéquats qui ont résultés de prémisses erronées, il faut faire table rase des concepts en cours, changer la façon de poser le problème et ouvrir des perspectives nouvelles qui permettront de trouver des réponses plus efficaces aux menaces qui pèsent sur lhéritage védique du sous-continent.
Pour que lInde puisse émerger comme acteur important sur la scène mondiale, elle doit pouvoir répondre à la menace des fondamentalistes islamistes en provenance du Pakistan et du Bengladesh, qui sest étendue à toute la zone Nord-Est et jusquà lInde elle-même, sous le nez et à la barbe de nos services de renseignements. En conséquence, à moins que lInde ne soit en mesure de sortir de limpasse actuelle concernant le terrorisme transfrontalier et les flux migratoires illégaux (principalement non hindous et inamicaux à légard de lInde), elle ne serait pas en mesure dempêcher la montée dun fondamentalisme musulman dans le sous-continent. Il est donc de première importance dentreprendre une analyse des options non militaires qui nous permettraient darriver à un niveau plus acceptable des problèmes transfrontaliers, particulièrement dans les corridors de lEst, où ils sont actuellement en pleine expansion.
Le gouvernement Indien a fait lobjet de nombreuses critiques, à lintérieur comme à lextérieur, concernant ses relations avec ses voisins. Ce que beaucoup trouvent inexplicable, cest quun pays de la taille de lInde puisse continuer à en appeler à dautres puissances pour juguler lenvoi, par le Pakistan et maintenant par le Bengladesh , de groupes insurgés sur son territoire. Ces pays ne pouvant pas se mesurer à lInde, du fait de la disproportion des ressources de part et dautre, lincapacité supposée de lInde à trouver une réponse effective à ces menaces doit venir de mauvaise priorités sur les plans de lorganisation des forces armées et lacquisition darmements, ainsi que dans ladoption dune seule option stratégique, la guerre conventionnelle, qui ignore dautres types de réponse possibles.
Compte tenu des sensibilités religieuses existant dans le pays, les questions traitées ici ont longtemps été considérées comme taboues. Cependant, les forces armées, en tant quorganisation professionnelle ont le devoir, comme cest le cas partout dans le monde, dexaminer tous les aspects de la sécurité nationale avec une objectivité clinique. Lorsque, il y a quelques années, le site le plus sacré de lIslam, la Mecque, a été menacé par des révolutionnaires, les forces saoudiennes nont eu aucune hésitation à donner lassaut dans la sainte citadelle de lIslam afin dy rétablir lordre. On trouverait des exemples analogues en Egypte et ailleurs. Les nations soucieuses de leur sécurité et leurs forces armées se doivent dagir avec détermination dès lors quelles se trouvent en présence dune menace claire. Ce nest quen Inde quon laisse les problèmes suppurer dans une interminable agonie. Cest même devenu un trait indien, ou peut-être hindou. Cet article entend situer la question de la sécurité nationale de lInde à lintérieur dune dimension plus vaste, celle de lhéritage védique et post-védique. Cette formulation nexclue en rien les garanties dégalité et de liberté pour les minorités non hindoues, ni limportance primordiale que nous accordons à une coexistence harmonieuse des communautés, car celle-ci fait partie intégrante de lhéritage philosophique indien, comme des garanties inscrites dans sa constitution.
Il ne fait aucun doute que la menace la plus directe sur la sécurité de lInde vient aujourdhui du terrorisme mondial et de ses liens avec le fondamentalisme islamique, lequel est toujours susceptible de recevoir ses instructions et un soutien logistique et financier du Pakistan comme du Bengladesh, les deux agissant dailleurs de concert. Cette menace existe à létat diffus et peut se concrétiser à nimporte quel moment dans le pays ou à sa périphérie immédiate, comme on peut le voir au Népal, ou dans la politique du Bengladesh visant à déstabiliser tout le Nord-est. Ce nest pas tant le niveau actuel de la menace qui est alarmante que son niveau potentiel, lequel résulte de lincapacité des gouvernements de lInde à prendre des initiatives décisives en temps opportun.
De même, alors que nos adversaires utilisent lintervalle entre deux guerres pour se renforcer en vue du coup suivant ou pour poursuivre leurs buts à long terme, comme le font la Chine, les USA et le Pakistan, en Inde la complaisance sinstalle très rapidement, même dans les forces armées, ouvrant la porte à des vulnérabilités nouvelles. Ce piège aussi doit être évité par les responsables indiens.
Par ailleurs, compte tenu de la proximité du Bengladesh et de la présence de 16 millions de bengladeshis immigrants sur les états frontaliers, la montée du terrorisme islamique dans lEst menace sérieusement la sécurité de lInde, tant sur le plan de son intégrité territoriale que sur celui de lhéritage védique dans cette région. De manière significative, lULFA (United Liberation Front of Asom) et la MULTA (Muslim United Liberation Tigers of Assam) ont déjà rejoint le Bengladesh Islamic Manch (BIM), organisation créée en mai 2002 pour coordonner les activités communes à différents groupes terroristes implantés au Bengladesh ainsi que dans les zones à majorité musulmane du Sud-Est de lInde et de Myanmar (Birmanie). Le BIM sest fixé comme objectif la création dun État islamique transnational avec le Bengladesh comme noyau dur. Or tout cela saccompagne dun transfert progressif dOuest en Est (du Pakistan vers le Bengladesh) dune capacité croissante de guerre asymétrique, avec, comme objectif permanent à long terme, lérosion interne de lInde. Ce glissement Ouest-Est, en plus de renforcer leffort de jihad du Pakistan, a été rendu encore plus nécessaire avec limmixtion des USA dans la politique pakistanaise et le regard vigilant que lOccident garde sur ce pays, qui sont susceptibles de sapprofondir dans les années qui viennent.
En conséquence, aucune paix nest envisageable sans un démantèlement général préalable des installations hostiles existantes dans tous les secteurs. De même, tout pronostic dune possibilité de compréhension mutuelle entre lInde, le Pakistan et le Bengladesh, ainsi que des mesures de paix qui laccompagneraient, tourneraient probablement au désavantage de lInde, car ses voisins garderaient toujours intactes leurs capacités de réactivation des cellules dormantes et pourraient reprendre leurs activités anti-indiennes (en fait anti-hindoues) à nimporte quel moment, du moins tant que la combinaison mollahs-armée gardera des atouts en mains sous quelque forme que ce soit. Par conséquent, lInde ne peut se permettre de baisser sa garde. Elle devra plutôt redoubler defforts en matière de renseignement et de contre-renseignement, si lon veut que le processus de paix progresse de manière significative.
Quels que soient les résultats des conversations en cours entre lInde et ses voisins, et quelles que soient les concessions accordées par lInde pour désamorcer les tensions existantes, que ce soit de son propre chef ou sous la pression de lextérieur, les aspects évoqués dans les paragraphes suivants travailleront contre lInde pendant encore longtemps. Tout dabord, la communauté musulmane sopposera en bloc à tout changement radical de sa politique étrangère, surtout de ses relations avec Israël et les États-Unis. Cette attitude senracine dans un sentiment viscéralement anti-israélien et dans la haine que le panislamisme a installé dans presque tous les pays où existe une communauté musulmane. Le problème est exacerbé en Inde de par la taille de sa communauté musulmane et la vulnérabilité de celle-ci à la propagande transfrontalière. Le Gouvernement indien et la classe dirigeante doivent accepter la réalité dun sentiment fondé sur lidentité religieuse plutôt que sur un antinationalisme à proprement parler.
Deuxièmement, alors que les régimes militaires du Pakistan et du Gouvernement Bengladeshi possède la capacité de démanteler leurs camps de jehadis utilisés pour lentraînement des éléments infiltrés, il est peu probable quil en soit de même pour les madrasas gérées par des groupes radicaux qui prônent la jihad et le meurtre des non-musulmans comme acte de foi en la religion du Prophète. En réalité, cest la haine instillée dans les jeunes recrues des madrasas qui permet à ces tanzeems de garder le contrôle de leurs ouailles. Modernisons les madrasas et laissons des pensées nouvelles les pénétrer et nous assisterons à un changement radical dans le comportement des étudiants. Néanmoins, les islamistes radicaux ne laisseront jamais cela se produire, et aucun gouvernement pakistanais ou bangladeshi ne se hasarderait à une confrontation directe avec ces groupes. Quelles que soient les ouvertures de paix et les mesures de confiance qui pourraient être prises, les produits de ces madrasas et les dirigeants fanatiques qui les contrôlent seront toujours en position de rétablir des camps dentraînement pour des missions-suicides de lautre côté de la frontière.
Troisièmement, tant que lAmérique poursuivra sa politique interventionniste au Moyen-Orient, en Asie Centrale, au Pakistan et en Afghanistan, il en résultera nécessairement la poussée dun islam anti-modernisateur, en premier lieu dans le sous-continent, où lidentité panislamique nourrira alors la croissance de groupes fondamentalistes hostiles à lInde. Même sils ne sengagent pas dans des activités anti-nationales stricto sensu, ils constitueront une sorte de poudrière toujours prête à senflammer. Il suffit pour cela que de jeunes musulmans soient manipulés et que la politique du gouvernement lui soit présentée comme anti-musulmane, même sil nen est rien. Notons que même dans lhypothèse dune coexistence harmonieuse entre communautés en Inde, la situation mondiale tendra toujours à exacerber lhostilité des musulmans contre les hindous dans le sous-continent.
Tels sont quelques
uns des problèmes qui continueront à entraver la croissance
de lInde en tant que pouvoir régional, quels que soient
les progrès réalisés sur les plans économique,
technologique ou autres, et indépendamment des concessions que
lInde sera amenée à faire au Pakistan et au Bengladesh
pour diminuer la tension au Jammu et au Cachemire ou pour harmoniser
leurs relations. Il serait inconséquent à lextrême
pour le Gouvernement et les responsables de la sécurité
de baisser leur garde dans le sillage dune amélioration
des relations avec les pays voisins, car le Pakistan et le Bengladesh
garderont toujours loption de relancer la mise en provoquant des
troubles au moment opportun. Or, pour répondre à ce type
de menace, lInde ne dispose daucun mécanisme de réponse
autre que la guerre conventionnelle. Pour surmonter ce danger permanent,
les mesures suivantes doivent être prises :
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Tout dabord, le Gouvernement et les responsables de la Sécurité du pays doivent réaliser que le Pakistan et le Bengladesh seront toujours en position de créer des troubles en Inde, directement ou pour le compte de puissances étrangères, à moins que leurs capacités de nuisance soit suffisamment affaiblie au point de ne plus pouvoir promouvoir des activités anti-indiennes à lavenir. Si cela nétait pas fait, lInde continuerait à souffrir comme elle la fait durant les 50 dernières années en dépit de sa situation de puissance militaire et économique régionale, |
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Les organes de sécurité doivent être renforcés et devenir capable de repérer et démanteler toutes les cellules dormantes et les organisations infiltrées par les agences hostiles. Aucune négligence nest admissible dans ce domaine, quelque soit lattitude des États régionaux. Lentraînement et la modernisation des forces paramilitaires et des services de renseignement doivent donc être considérablement augmentés en vue de cet objectif, |
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Le profil démographique, surtout sur les États frontaliers, doit être piloté beaucoup plus professionnellement. Dans les zones frontalières, toute tentative des fondamentalistes en vue de propager lanti-modernité et repousser les femmes derrière le purdha pour leur interdire laccès aux écoles dÉtat doit être fermement combattue, |
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Réduire le colosse indien à létat de géant quémandeur, en lobligeant à plaider sa cause devant la communauté internationale pour le sauver du terrorisme transfrontalier en provenance du Pakistan. Notons que ce terrorisme a manifestement une dimension religieuse qui vise non seulement lacquisition de territoires mais léviction dhindous hors de zones à prédominance musulmane, |
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Des efforts particuliers doivent être fournis, au besoin par des forces fédérales déployées sur la frontière, pour ouvrir des écoles dans les régions arriérées, vulnérables à la propagande des fondamentalistes. |
Il est grand temps, pour les responsables de la Sécurité en Inde, de comprendre quà moins que le Pakistan et le Bengladesh ne soient mis hors détat de nuire, il ne peut y avoir de paix entre lInde et ces pays, même si des accords de paix satisfaisants sont signés. Cest lincapacité des responsables de la Défense à saisir cette situation qui maintient la capacité de nuisance de nos adversaires.
Il existe une dissymétrie structurelle entre le Pakistan et le Bengladesh dune part, et lInde dautre part en ce qui concerne leurs capacités respectives de nuisance : du côté du Pakistan et du Bengladesh, les fondamentalistes peuvent toujours bloquer la distribution de publications et de films indiens dans les secteurs quils contrôlent, comme ils lont déjà fait. En Inde, en revanche, ils utilisent librement toute opportunité pour subvertir la psyche des populations musulmanes par la propagande, laccès direct, les médias et la multiplication des madrasas. Ici, la Constitution de lInde, son système judiciaire et ses médias, qui par ailleurs renforcent la démocratie et dont le pays peut à juste titre senorgueillir, travaille à son désavantage tant que cette menace extérieure existe. Il faut ainsi se rendre compte que sous le gouvernement du Général Musharaff, les organisations de jehadis au Pakistan étendent lemprise de leurs réseaux bien plus rapidement que Pervez Musharraf et les Américains ne le réalisent. Alors que les principaux partis politiques ont été mis sous contrôle, chaque mois qui passe voit naître de nouvelles madrasas ouvertes par les militants islamistes. Ces derniers mettent aussi en place des activités charitables de terrain dans les secteurs les plus pauvres de la société pakistanaise, négligées par lÉtat. Leurs caisses semplissent dune quantité massive de petites donations du public. Dici cinq à dix ans, ils représenteront un défi crédible à la suprématie de la Fondation Fauji de larmée pakistanaise [1]. Quelque chose de similaire pourrait se produire au Benglasdesh.
Ceci dit, le repérage et lendiguement du terrorisme ne peuvent constituer à eux seuls la stratégie à long terme dune nation confrontée à une menace terroriste potentielle. Il faut viser la destruction du cur et de la pensée de lorganisation qui la parraine. Le recours à de mesures répressives devrait lui succéder, non la précéder. Pendant trop longtemps, du fait de son incapacité à saisir lessence du problème, la politique indienne ainsi que ses services de sécurité ont été incapables dune quelconque efficacité. Une autre réponse doit être trouvée, et chaque nation doit élaborer ses propres alternatives aux méthodes américaines actuelles de traitement de la menace terroriste la destruction préventive ou les représailles massives, qui sont inadéquates.
Après avoir
donné de sérieux coups à Al Quaïda, les USA
semblent se satisfaire de canaliser lénergie résiduelle
des jehadis vers la Russie, lAsie et lAfrique, comme en
Tchétchénie, au Cachemire ou ailleurs, pourvu que les
pays occidentaux restent raisonnablement hors datteinte. Le plus
sûr moyen de sassurer dun affaiblissement des capacités
hostiles à lInde est dabord de renforcer sa sécurité.
Inutile de dire que ce point laisse actuellement beaucoup à désirer.
Une démocratie telle que lInde, avec la politique qui est
la sienne, laissera toujours ouvertes de grandes failles dans sa sécurité
nationale, surtout si son adversaire peut mobiliser à lintérieur
du pays des sympathies panislamiques ou des ressentiments qui se sont
accumulés dans la communauté minoritaire. La question
se complique du fait que la sécurité relève des
États régionaux, y compris sur le plan judiciaire. Dans
ce domaine, la Constitution recèle une faiblesse grave à
laquelle il na jamais été porté remède
malgré tous les amendements apportés au cours des cinquante
dernières années : on ny trouve aucune définition
dun crime de nature fédérale ni aucune instance
judiciaire fédérale qui puisse être saisie sur lensemble
du territoire. Aucun autre pays ne connaît une telle infirmité,
qui peut être facilement exploitée par les intérêts
hostiles.
La dynamique démographique
Selon un ancien Secrétaire dÉtat Américain, G. P. Schutltz, cest la soumission imposée aux femmes par une population masculine souvent désuvrée qui a provoqué lexplosion démographique. Dans le sous-continent, celle-ci a joué un rôle important dans la dégradation de la situation au Nord-Est. Quelle que soit lestimation du nombre dimmigrants, qui varie de douze à vingt millions, il reste que lInde sera toujours le bassin de réception final des immigrations illégales de la plupart des pays périphériques. Une grande part de ces populations est potentiellement vulnérable à la propagande anti-indienne. Les implications en termes de sécurité sont bien perçues par New Delhi et le Bengale, qui sont maintenant revenus de la politique de lautruche. Néanmoins, ni le Bengale ni les États de Nord-Est, ni le Centre nont formulé de politique claire pour écarter la menace posée par ce flux migratoire grandissant. Le plus probable est que la décision du Centre de maintenir le statu quo concernant la loi sur limmigration clandestine en Assam, le IMDT Act [2] est susceptible dexacerber le problème dans les années qui viennent.
Si lon ne prend pas de mesure préventives anticipatrices, les flux en provenance du Bengladesh, du Pakistan et du Népal pourrait se changer en invasion, lorsque se feront sentir les effets de larrivée à échéance de laccord multifibre signé par les membres de lOMC, qui a pris fin le 31 décembre 2004. En effet les Américains et les Européens, qui se fournissaient jusqualors en textile auprès de soixante pays, sont autorisés maintenant à réduire le nombre de leurs fournisseurs à quelques pays seulement. Le principal bénéficiaire en sera la Chine et, dans une moindre mesure lInde ; les principaux perdants seront le Bengladesh, le Népal et le Pakistan. Des millions de gens pourraient se trouver sans emploi dans des pays qui sont parmi les plus pauvres et les plus instables du monde. Les experts du Bengladesh craignent une perte de 1.25 à 2.5 milliards de dollars dexportation, sans compter ses répercussions sur le secteur bancaire et lensemble de léconomie. Environ 70% des travailleurs textiles au Bengladesh sont des femmes, la plupart venant de zones rurales pauvres. Il est à craindre que si elles perdaient leur emploi, beaucoup naient dautre option que la prostitution pour survivre. À cet égard, la décision des industries automobiles indiennes Tata, dinvestir 2 milliards de dollars au Bengladesh apparaît comme un pas dans la bonne direction. Dautres entreprises indiennes pourraient suivre, si elles recevaient des garanties crédibles de la part du gouvernement hôte.
Sur le plan des influx
démographiques, le Bengladesh pourrait devenir le Mexique de
lInde, si ce nest déjà fait. Les USA nont
pas pu arrêter limmigration clandestine en dépit
dune bien meilleure gestion frontalière et doutils
de surveillance très sophistiqués. Bien sûr, les
USA nont pas à craindre des populations immigrantes le
même type de menaces que lInde de la part dun Bengladesh
démographiquement submergeant certaines régions du Nord-Est
et du Bengale occidental. Cela exige des modèles de réponse
du côté indien qui fassent preuve dimagination et
dinnovation.
La voie à suivre
Pour nous Indiens,
lhéritage védique est éternel ; il ne peut
ni disparaître ni être diminué. Ceci dit, nous en
sommes les dépositaires, et chaque génération se
doit de trouver les réponses aux problèmes quelle
rencontre. Cela est non seulement conforme au Karma Yoga enseigné
par la Bhagavad Guita, mais cest devenu un impératif de
survie. Nul doute que la culture hindoue est assaillie de lextérieur
et mise à mal à lintérieur. Comment peut-elle
relever ce défi ? Suggérons quelques actions possibles
dans les conditions qui prévalent aujourdhui dans le sous-continent
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La radicalisation de lhindouisme ou dun noyau dur tel que le mouvement Hindutva, ainsi quil est prôné par certaines organisations, nest certes pas une réponse satisfaisante. Lhindouisme doit garder son identité propre, laquelle est fondée sur les valeurs de compassion, de tolérance et de non-violence, et ce quelles que soient les menaces qui lassiègent. La renonciation à de telles valeurs serait une renonciation à nous-mêmes et représenterait une défaite spirituelle inacceptable, |
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Les menaces qui pèsent sur lhindouisme aujourdhui, sur la terre même de sa naissance, cest-à-dire lensemble du sous-continent qui sétend de lOcéan Indien jusquà lHindou-Kouch et au Tibet, sont aussi graves que celles qui ont existé dans le passé et doivent être contrées par les services compétents comme dans tout État de droit. Si besoin est, ces services peuvent être renforcés et leurs compétences temporairement étendues jusquà ce que le danger soit définitivement écarté, |
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Il est du devoir de lÉtat indien et de chaque citoyen de sassurer quen dépit des différences communautaires qui ont été exacerbées par des objectifs politiques et par la situation internationale, aucun membre de minorités communautaires ne soit maltraité ni contraint à vivre dans la peur. Engendrer la peur, même en labsence de toute violence physique, est aussi condamnable que cette dernière, |
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Parallèlement au renforcement des organes de sécurité, les gouvernements fédéral et régionaux doivent sassurer que lémancipation des femmes et léducation des filles soient mises en tête des priorités. Aucune organisation communautaire, aucun homme politique ni aucun individu ne devrait être autorisé à sopposer à une telle politique. |
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La stabilisation de la population dans tout le sous-continent doit devenir un objectif prioritaire de la SAARC [3]. |
Conclusion
Dans la lutte contre le terrorisme, les forces du marché mondial dominent la scène militaire, effaçant la distinction entre armées publiques et privées, comme on le voit en Irak et en Afghanistan. Partout où des soldats font défaut, des agences privées de recrutement fournissent les hommes nécessaires et des entreprises privées gèrent des prisons militaires. Il est possible que les USA obligent le Pakistan et le Bengladesh à remplir ce rôle, avec ses conséquences possibles pour lInde.
Les responsables de la défense en Inde doivent parler avec courage et souligner les conséquences probables des changements démographiques en cours dans le sous-continent, qui sont presque exclusivement au désavantage de lInde, quils aient lieu au Pakistan, dans les territoires du Nord, au Cachemire occupé [4], au Népal ou au Bengladesh. À moins quune stratégie claire ne soit formulée pour modifier ces tendances lourdes, les forces alignées contre lhindouisme vont se renforcer considérablement au détriment de lInde. Les officiers de larmée, sils nont pas à être impliqués dans le débat, nont pas non plus à le fuir. Le danger dune disparition démographique des populations non musulmanes dans de vastes zones du sous-continent, alors que simultanément le Pakistan et le Bengladesh favorisent limmigration massive de population musulmanes potentiellement hostiles à lhéritage védique sur le sol même de lInde, est en soi un facteur de déstabilisation ; couplée à une propagande délibérée auprès de ces populations, elle devient une menace directe et irréfutable pour la sécurité du pays. Il doit en conséquence y être remédié de façon urgente et immédiate, dans le respect de nos valeurs fondatrices mais avec une volonté ferme et claire.
Vinod Saighal
( Vinod Saighal, Major Général à la retraite de larmée de lInde, ancien attaché militaire de lInde en France, est lauteur de plusieurs ouvrages : Third Millennium Equipoise, Restructuring South Asian Security, Restructuring Pakistan, Dealing with Global Terrorism: The Way Forward and Global Security Paradoxes 2000-2020)
Notes :
[1] La Fondation Fauji est le plus important des trois
trusts privés de larmée pakistanaise par lesquelles
celle-ci possède et contrôle une grande partie de léconomie
du pays. La Fondation finance aussi une grande quantité dhôpitaux
et dinstitutions éducatives, se substituant ainsi à
lÉtat dans des domaines qui sont normalement de son ressort.
[2] Illegal Migrant (Determination by Tribunals) Act.
Cette loi sur limmigration clandestine a été votée
en 1983 pour lensemble de lInde mais les décrets
dapplication nont été promulgué que
pour lAssam. Ses modalités sont telles quelle est
pratiquement impossible à appliquer et, de ce fait, favorise
plutôt quelle ne décourage limmigration clandestine.
De plus, lAssam la juge discriminatoire à son encontre
dans la mesure où elle ne sapplique que sur son territoire.
[3] Association pour la Coopération Régionale
en Asie du Sud crée en 1985, qui comprend le Bangladesh le Bhoutan,
lInde, les Maldives, le Népal, le Pakistan et Sri Lanka.
[4] Les zones occupées par le Pakistan comprennent
le POK (Pakistan Occupied Kashmir) et les zones du Nord-Ouest (Gilgit,
Baltistan et Hunza) que le Pakistan juge dun intérêt
stratégique vital et administre directement.

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