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INTERVIEW DE SUBHASH KAK
« Les Védas
nous disent que les dieux védiques (devas),
Subhash Kak : Je suis écrivain,
basé aux États-Unis. Je suis également professeur
en ingénierie, en études asiatiques et en sciences cognitives
à l'Université de Baton Rouge en Louisiane. On peut trouver
mes écrits sur l'histoire de la science et sur l'Inde à
partir de cette page : http://subhashkak.voiceofdharma.com SK :
« L'Arbre à souhaits » est basé
sur des conférences que j'ai données à l'Université
Stanford et à l'Université de Californie il y a quelque
temps. L'objectif de ces conférences était de faire un
tour d'horizon des nouvelles et passionnantes découvertes sur
l'histoire de l'Inde, en particulier sur l'histoire la plus ancienne,
l'origine et l'essence de la culture indienne. Le titre, « L'
Arbre à souhaits », doit rappeler au lecteur le mythique
« Kalpa Taru », situé au paradis,
accomplissant les vux qu'on lui adresse. Par ce titre, j'ai voulu
indiquer le fait que la civilisation indienne propose bien des éléments
qui restent pertinents au regard des préoccupations et des défis
de l'homme contemporain. C'est ce que j'appelle la « promesse
de l'Inde », en sous-titre de l'ouvrage. SK :
Je suis ce que disent les archéologues concernant la chronologie
de la civilisation indienne : ils disent que l'on peut remonter aux
origines de la civilisation de l'Indus (ou de l'Indus-Sarasvati) jusqu'à
pour le moins 6 500 ans av. J.-C. Le Français
Jean-François Jarrige est le pionnier dans ce domaine, avec ses
découvertes sur les périodes les plus reculées
de cette civilisation. Pour plus de détails, voyez le livre de
Jarrige : « Les Cités oubliées de l'Indus »,
1988. Il est très important que l'on ait repoussé à
6 500 av. J.-C. les origines de la civilisation indienne, parce
que cela confirme la tradition littéraire indienne et ses références
astronomiques des quatrième et cinquième millénaires
av. J.-C. Mes propres découvertes dans le domaine des textes
védiques et de l'astronomie vont tout à fait dans le même
sens. SK : Il
y a toujours eu des échanges commerciaux entre l'Inde antique
et l'Eurasie dans les premières périodes de la civilisation
indienne. Les Mitannis, un groupe aristocratique de langue indienne,
a gouverné le Moyen-Orient au cours du deuxième millénaire
av. J.-C., et ils étaient également en relation avec les
pharaons égyptiens. Cela signifie que les liens entre l'Inde
et d'autres civilisations de l'antiquité ont été
importants, et il est évident qu'il y a eu des échanges
dans les deux sens. L'Inde et l'Occident se sont réciproquement
influencés davantage au cours des siècles plus récents,
les exemples les plus proches étant ceux du Yoga, du Vedanta
et du Mahatma Gandhi. C'est l'effet cumulé de cette interaction
permanente qui constitue la « présence de l'Inde »
évoquée dans le sous-titre de mon livre. SK : Les
langues aryennes de l'Inde, c'est-à-dire celles du Nord, appartiennent
à la même famille que les langues européennes (à
l'exclusion du basque, du hongrois et du finnois), si l'on considère
le vocabulaire et de nombreux aspects grammaticaux. D'un autre côté,
l'ordre des mots dans la phrase et une autre partie du vocabulaire se
retrouvent dans les langues dravidiennes. Cela peut seulement indiquer
que les langues aryennes et dravidiennes ont interagi et que des emprunts
réciproques ont eu lieu, si bien que, pour les linguistes, l'Inde
constitue à présent une aire linguistique unique. SK : La
notion d'invasions aryennes est apparue au XIXème siècle
comme une tentative visant à donner du sens à diverses
évidences : 1 - l'indubitable parenté entre les langues
européennes et indiennes ; 2 - le fait que, dans l'Italie de
500 av. J.-C. environ, les Etrusques parlaient une langue non indo-européenne
; 3 - la conviction que les Grecs étaient entrés dans
leur région environ huit cents ans av. J.-C. ; le fait que les
découvertes archéologiques en Inde ne semblaient pas remonter
à plus de 1000 av. J.-C. Étant donné que la littérature
bouddhique présuppose l'existence de toute la littérature
védique, avec un compte à rebours attribuant deux cents
ans à chaque couche littéraire, l'origine du Rig Veda
a été fixée à environ 1 500 av. J.-C. Pour
certains, cette date était réconfortante dans la mesure
où elle ne remontait pas avant 4 004 av. J.-C., date supposée
de la création du monde selon la tradition chrétienne. SK : Les
Védas divisent la « connaissance » en deux
catégories : les connaissances extérieures, qui se rapportent
aux objets physiques et mentaux ; les connaissances intérieures,
concernant l'expérience du « soi ». Les
Védas disent que les sciences extérieures conduisent finalement
au paradoxe, parce qu'elles sont basées sur une dichotomie inhérente
entre objet et sujet. La connaissance intérieure ne peut être
obtenue par le langage, on ne peut qu'en faire l'expérience.
Une grande partie de la littérature védique porte sur
les moyens qui facilitent la transformation susceptible de mener à
la connaissance intérieure. SK : La
« voie de la sagesse » est de chercher le juste
équilibre entre notre essence matérielle et notre esprit
; de trouver une harmonie intérieure. Si l'on considère
l'Inde médiévale, je crois qu'il y a eu une survalorisation
de la spiritualité, qui a conduit au déclin de la prospérité
matérielle. D'un autre côté, dans les États-Unis
de nos jours, il y a une survalorisation du matérialisme, entraînant
les gens dans l'envie et l'égoïsme, avec pour conséquences
le déclin du bonheur et un comportement addictif qui se manifeste
dans les drogues, le sexe ou l'engouement religieux. SK : Le
livre suit les sujets de mes conférences, et comme j'ai essayé
de communiquer l'enthousiasme suscité par toutes les nouveautés
qui se sont dévoilées dans notre compréhension
de l'Inde, je n'ai pas eu la possibilité d'approfondir ces sujets.
J'espérais que le lecteur, ayant pris connaissance des grandes
lignes, approfondirait le sujet en consultant les références
données pour permettre de pousser plus loin. Si ce lecteur ne
se sent pas pleinement satisfait du fait que je n'aie pas poussé
le travail assez loin, alors mon livre a atteint son objectif. SK
: J'ai écrit de nombreux autres ouvrages : la
page www.ece.lsu.edu/kak/books.html
en donne la liste. Parmi eux : « Le Code astronomique
du Rig Veda », mon livre sur la révélation
de l'astronomie de la période védique, et « Les
Dieux du Dedans », dans lequel j'explique comment il faut
correctement comprendre les devas (dieux) védiques : les centres
de cognition dans l'esprit. Je suis aussi co-auteur, avec Georg Feuerstein
et David Frawley, d'un livre intitulé « À la
Recherche du berceau de la civilisation », centré
sur l'évidence archéologique relative à l'Inde
antique et sur les liens entre l'Inde et l'Occident. Il s'en est vendu
de très nombreux exemplaires en Angleterre, et des traductions
ont été faites en italien, coréen, espagnol, et
dans d'autres langues. J'ai également écrit plusieurs
livres de poésie. SK : Mon projet actuel est de terminer le commentaire sur mon Prajna Sutra (www.ece.lsu.edu/kak/sutra.pdf). Ces sutras résument ma façon de comprendre la Voie védique. En dehors de cela, mes recherches scientifiques portent sur les fondements de l'intelligence artificielle et ses connexions avec la théorie des quanta et la neuroscience. Je viens récemment de publier un livre intitulé « L'Architecture de la connaissance : mécanique quantique, neuroscience, ordinateurs et conscience », dans lequel je traite en profondeur de ces questions.
L'
Arbre à souhaits
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| Les principaux autres ouvrages de
Subhash Kak n'existent pas encore en version française :
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The Architecture of Knowledge : Quantum Mechanics, Neuroscience, Computers and Consciousness. CSC/Motilal Banarsidass, 2004. ISBN 81-87586-12-5. |
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The Gods Within: Mind, Consciousness and the Vedic Tradition. Munshiram Manoharlal, New Delhi, 2002. ISBN 81-215-1063-5. |
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The Asvamedha : The Rite and Its Logic, Motilal Banarsidass, Delhi, 2002. ISBN: 81-208-1877-6. |
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Computing Science in Ancient India, 2000. ISBN: 81-215-0985-8, (avec T.R.N. Rao) (USL Press, Lafayette, LA, 1998). Nouvelle édition : Munshiram Manoharlal, New Delhi, 2000 (Post Box 5715, 54 Rani Jhansi Road, New Delhi 110 055.). |
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The Astronomical Code of the Rgveda, 2000. ISBN: 81-215-0986-6. Edition revue et enrichie, Munshiram Manoharlal, Delhi, 2000 (remplace la première édition, de 1994). |
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Eka Taal, Eka Darpana, Raka Prakashan, 1999. 40A, Motilal Nehru Road, Allahabad 211 002, India. |
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The Secrets of Ishbar, Vitasta, 1996, 1998, 2002. ISBN 81-86588-02-7. |
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In Search of the Cradle of
Civilization, Quest Books, 1995, 2001 (avec nouvelle Introduction),
(avec G. Feuerstein et D. Frawley). |
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India at Century's End, Voice of India, 1994. |
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Patanjali and Cognitive Science, Vitasta, 1987. |
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The Nature of Physical Reality, Peter Lang, New York, 1986. |
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The London Bridge, (poèmes) - Writers Workshop, Kolkata, 1977. |
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The Conductor of the Dead, (poèmes) - Writers Workshop, Kolkata, 1974. |
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