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L'INVASION QUI N'A JAMAIS EU LIEU

par Michel Danino

 


     Ce bref texte a été tout d'abord écrit en anglais et il a servi de point de départ au livre du même titre, The Invasion That Never Was (2e édition, 2000), où le sujet de l'invasion aryenne est pleinement développé.

 

     En Inde, tout écolier arrive vite à ce moment bien particulier où on lui parle de ses lointains ancêtres, de leurs origines, leur histoire et leurs réalisations. Une fenêtre s'ouvre tout à coup, son horizon étroit s'élargit pour embrasser ces temps reculés et mystérieux. Être indien semble revêtir une signification plus vaste – mais qui reste, pour longtemps encore, aussi nébuleuse que ce qu'on lui apprend.
     Et que lui apprend-on ? Tout au plus, ceci :
     Quelque mille cinq cent ans avant le début de l'ère chrétienne, des hordes plus ou moins barbares de nomades appelés « Aryens », venus d'on ne sait où dans l'Asie centrale et dont la langue était le sanscrit, déferlèrent sur le nord-ouest de l'Inde. Là, ils tombèrent sur la florissante civilisation de la Vallée de l'Indus (ou civilisation harappéenne), dont les habitants étaient des « Dravidiens ». Les envahisseurs aryens détruisirent cette civilisation et chassèrent les Dravidiens vers le sud de l'Inde, puis, quelques siècles plus tard, composèrent les Védas, répandirent le sanscrit dans toute l'Inde et bâtirent la puissante civilisation du Gange. Voilà, en un mot, ce que la plupart des Indiens « éduqués » savent de leur lointain passé, et qui est encore aujourd'hui donné pour acquis, présenté comme un fait établi qui ne souffre pas de discussion. On le trouve non seulement dans les manuels scolaires, mais dans les livres de référence faisant autorité et dans les meilleurs dictionnaires.
     Que le soleil tournait autour de la terre fut une telle certitude, elle aussi, pour les premiers astronomes européens pendant tant de siècles, que, pour penser autrement, Copernic, Galilée et Kepler ne pouvaient être que des hérétiques. Pourtant cette conviction a depuis rejoint les innombrables exemples de l'aveuglement humain qui jonchent les âges. Aveuglement dont la « théorie de l'invasion aryenne », comme on l'appelle, est un autre échantillon. Aussi établie et indiscutable qu'elle paraisse à force d'être répétée mécaniquement depuis des décennies, il n'existe aucune preuve fiable sur laquelle la faire reposer. À dire vrai, elle est désormais totalement démentie par les résultats de l'archéologie, de la génétique, l'astronomie, les mathématiques et la géographie historiques. Pourtant, en Inde, on continue de regarder ceux qui la contestent d'un œil suspicieux, comme s'ils avaient commis un crime abominable, et nous pouvons nous attendre à trouver ce pilier vénéré bien que croulant de l'histoire antique dans nos manuels indiens pendant quelques années encore, durant lesquelles les racines de la civilisation et de la culture indiennes continueront à se situer quelque part en Asie centrale, tout comme le soleil persista à tourner autour de la terre quelques siècles après Copernic, et les espèces à se voir interdire d'évoluer pendant des dizaines d'années après Darwin.



La naissance d'un mythe

     Comment cette théorie s'est-elle si largement répandue alors même qu'elle est dépourvue de tout fondement ? Notons tout d'abord qu'elle fut énoncée au XIXe siècle par des érudits européens qui ne purent s'empêcher de découvrir des similitudes entre le sanscrit et le grec ou le latin, renvoyant à un lien ancestral entre ces langues. Mais en cette époque où l'Empire britannique se trouvait au sommet de sa gloire et où l'Europe baignait au soleil de ses nouvelles Lumières, ces fiers savants pouvaient difficilement admettre devoir leurs langues et leur civilisation à une Inde plongée dans les ténèbres de l'ignorance – il fallait que ce soit l'inverse. Aussi, l'esprit indien s'était largement asservi à l'Occident (la situation s'est-elle améliorée depuis ?), et prêtait plus volontiers l'oreille à ces sommités menées par le prestigieux Max Müller qu'aux savants et visionnaires de l'Inde.
     Swami Dayananda Saraswati fut peut-être le premier à rejeter la théorie de l'invasion aryenne, en soulignant que le mot arya dans le Véda se rapportait à une qualité morale ou intérieure, et non pas à une race ou un peuple. Swami Vivekânanda suivit avec sa vigueur caractéristique ; au cours d'une conférence il remarqua avec ironie : « Et quand vos pandits européens racontent que les Aryens venus d'une terre étrangère ont fondu sur le pays pour s'en emparer et se sont installés en Inde en exterminant les aborigènes, ce sont des âneries, c'est stupide. Il est étrange que nos érudits indiens aussi leur répondent amen. » Il ajouta : « Et on enseigne tous ces mensonges monstrueux à nos garçons. » On continue de le faire, un siècle plus tard. Lors d'une autre conférence, il concluait : « Quant à la véracité de ces théories, il n'est pas un mot dans nos écritures, pas un, pour prouver que les Aryens soient jamais venus de quelque endroit extérieur à l'Inde… L'Inde entière est aryenne, voilà tout. »
     Puis Sri Aurobindo, jetant un regard direct sur les Védas, observa : « Les indications védiques d'une division raciale entre les Aryens et les Dasyous, et l'identification de ces derniers avec les Indiens indigènes, sont d'un caractère bien plus mince que je ne l'avais supposé. » Cette division, affirma-t-il, « est une conjecture soutenue par d'autres conjectures… un mythe des philologues ». Sri Aurobindo réfuta énergiquement « la distinction artificielle et hostile entre aryen et dravidien, distinction créée par une philologie erronée qui a ainsi semé la discorde au sein d'une race indo-afghane homogène ». Quelque quatre-vingts ans plus tard, nous savons que ladite discorde nourrie non seulement par des érudits mais aussi par certains politiciens indiens, n'a fait que s'approfondir de manière absurde et qu'elle a, dans le sud de l'Inde par exemple, généré des émeutes et même des mouvements séparatistes : les Dravidiens, nous dit-on, sont les Indiens de souche, la plupart des Indiens du Nord des « envahisseurs aryens », et le sanscrit une « langue étrangère » ! Sri Aurobindo a pourtant montré que les liens anciens entre sanscrit et tamoul étaient « bien plus étroits et nombreux qu'on ne l'imagine d'ordinaire » et que ces langages étaient « deux familles différentes dérivées d'une seule langue primitive perdue ». Mais surtout, Sri Aurobindo, dans son Secret du Véda, en retrouva le symbolisme perdu depuis longtemps et mit en lumière l'extraordinaire expérience des Rishis.
     Pourtant personne ne les entendit – depuis longtemps nous avons pris en Inde cette inexplicable habitude de n'accepter le changement que s'il provient de l'Occident. Toutefois, depuis quelques années, des voix commencent à s'élever, tant en Occident qu'en Inde, pour affirmer que le temps est venu de se débarrasser une fois pour toutes de cette théorie vermoulue. L'accumulation de preuves, surtout archéologiques, est devenue tout simplement trop accablante pour demeurer ignorée, sauf d'historiens aux motivations douteuses. Voyons rapidement ce qu'il en est.



La tradition indienne

     Ce qui frappe à première vue, c'est que la théorie de l'invasion aryenne, et la réédification artificielle de l'histoire de l'Inde qui en résulte, est en contradiction directe avec la tradition indienne. D'abord, aucune écriture sanscrite (pardon, « aryenne ») ne fait la moindre référence à une terre mère hors de l'Inde ; bien au contraire, il est clair que le Rig-Véda, le plus ancien des quatre Védas, ne connaît aucune autre géographie que celle du nord de l'Inde. On a du mal à imaginer le peuple védique, si attaché à la terre, ses montagnes, ses forêts et ses rivières, ne garder dans sa culture aucun souvenir de leurs soi-disant ancestrales steppes d'Asie centrale. C'est d'autant plus étrange que le Ramayana, le Mahabharata, les Pouranas décrivent aussi une civilisation extrêmement développée qui grandit sur le sol indien au cours des millénaires, ainsi qu'une Grande Guerre se déroulant vers 3100 av. J.-C. ; on estime que ces textes sont basés sur une tradition historique (itihasa), considérablement magnifiée, il est vrai, mais contenant tout de même un noyau d'historicité. Naturellement, cette tradition n'est que superstition aux yeux des « invasionistes », puisque la civilisation dépeinte dans ces écritures n'a pu naître que quelques siècles après l'arrivée supposée des Aryens, c'est-à-dire au cours du Ier millénaire av. J.-C. La Grande Guerre, par conséquent, est au mieux, selon un éminent historien indien, la glorification d'une « querelle locale » entre deux tribus aryennes !
     Cela nous amène à une autre aberration : on nous demande de croire qu'en quelques siècles, cinq au plus, ces Aryens à demi primitifs, éleveurs de troupeaux, ont non seulement conquis le nord de l'Inde, mais y ont, de plus, édifié une grande civilisation, et donné naissance à une philosophie et une culture uniques fondées sur le sanscrit et le Véda, qu'ils ont étendues au sous-continent tout entier – un développement pour le moins stupéfiant. C'est au fil des millénaires et non de quelques siècles que civilisations et cultures évoluaient, arrivaient à maturité et se répandaient. De plus, le raffinement et la richesse propres à la pensée indienne ancienne et à la langue sanscrite sont incompatibles avec le caractère primitif qu'on attribue aux colonisateurs aryens de fraîche date. Comme dit Sri Aurobindo : « La durée de temps accordée pour la croissance de la civilisation est d'une brièveté impossible. »



L'archéologie

     Voyons maintenant ce que nous dit l'archéologie. Sa première observation, négative, et sur laquelle tous les archéologues s'accordent, est qu'il n'y a aucune découverte à l'est de l'Indus qui corresponde à la thèse d'un peuple aryen arrivant en Inde. Curieusement, les « envahisseurs », dont on dit qu'ils ont balayé une grande partie du territoire indien, n'ont pas laissé la moindre trace de leur passage – aucun nouveau type de poterie, aucune figurine, aucun outil ou autre objet, et surtout aucune trace de destruction des cités harappéennes ne vient indiquer la discontinuité culturelle qu'exigerait l'arrivée supposée des Aryens. Pour cette raison, la plupart des archéologues (américains tels que G.F. Dales, Jim Shaffer, J.M. Kennoyer, français tel que Jean-François Jarrige, et de nombreux Indiens) ont rejeté la théorie de l'invasion aryenne, également parce qu'elle contredit la longue continuité de la civilisation indienne dont témoigne les trouvailles archéologiques.
     Puis nous avons les premières découvertes de la civilisation de la Vallée de l'Indus en 1921. Elle s'étendait sur un territoire deux fois plus vaste que l'Égypte et la Mésopotamie réunies, avait un développement urbain perfectionné, un commerce intérieur et extérieur de grande envergure, une administration d'une efficacité remarquable, et une des toutes premières écritures, qui demeure mystérieuse. Les origines de cette civilisation remontent à 5 000 ans av. J.-C. au moins, et les dates de sa « phase de maturité » (2600-1900 av. J.-C.) obligèrent la plupart des experts à conclure qu'elle était « préaryenne » et donc prévédique. Cependant des centaines de petits sceaux de stéatite représentent des personnages en postures yoguiques, une divinité appelée « Pashoupati » ou un majestueux taureau ; on trouve des figurines dans des asanas diverses, des foyers et autels sacrificiels, le culte d'une déesse-Mère, le swatiska et d'autres symboles védiques – autant de signes puissamment évocateurs de la culture védique, comme l'ont souligné des archéologues indiens de renom tels que B.B. Pal ou S.R. Rao. En outre, un autre archéologue, R.S. Bisht, a démontré récemment que le Rig-Véda décrit précisément le plan urbain harappéen. Enfin, si cette civilisation était vraiment préaryenne (dravidienne ou non), nous serions confrontés à ce paradoxe étrange, que le spécialiste américain David Frawley dénonce avec pertinence, d'habitants de la Vallée de l'Indus ne léguant, bien que lettrés, aucune littérature, mais laissant une énorme présence physique mise au jour par l'archéologie, et d'Aryens nous offrant une immense littérature, mais ne laissant de trace physique d'aucune sorte ! Tout ceci rallie un nombre croissant de spécialistes indiens et occidentaux à l'avis que la civilisation harappéenne était de culture védique ou même postvédique. Comme le dit Colin Renfrew, grand archéologue britannique : « Il est difficile de voir ce qui est particulièrement non aryen dans la civilisation de la Vallée de l'Indus. »



La Sarasvati

     Ce n'est pas tout. Le Véda, comme l'on sait, se répand en éloges sur la Sarasvati, rivière depuis longtemps perdue. Or elle a été retrouvée – ou plutôt son lit asséché, dépisté depuis quelques dizaines d'années par les géologues et archéologues, et avéré par la photographie par satellite. Elle descendait de l'Himalaya pour atteindre les plaines près d'Ambala au Penjab, puis traversait le Rajasthan jusqu'au golfe de Kachchh, se jetant dans la mer d'Oman. Sa course était sensiblement parallèle à celle de l'Indus, mais plus au sud. C'était de fait un fleuve imposant, de six à huit kilomètres de large, dont la Satlej et la Yamuna furent en un temps les affluents. Des études précises ont montré que la Sarasvati changea plusieurs fois de cours avant de s'assécher définitivement vers 1900 av. J.-C. Il se trouve que sa situation, ses caractéristiques physiques, et même les étapes de son assèchement, sont décrites dans le Rig-Véda, le Mahabharata et plusieurs Puranas – écritures que la théorie de l'invasion aryenne date de force plusieurs siècles après la disparition de la Sarasvati ! Qui plus est, des centaines de sites harappéens ont été découverts le long de son cours (beaucoup plus que sur les rives de l'Indus) ; cette concentration, selon l'archéologue Dilip Chakrabarti « est le signe certain que la langue de cette civilisation était une forme archaïque du sanscrit ». Une fois encore, le lien entre harappéen et védique se voit confirmé.



Dwaraka

     Allons maintenant faire un tour à Dwaraka, la ville légendaire du dieu Krishna, à l'extrême pointe du Saurashtra dans le Gujerat. Légendaire ? Dans les années 1980, la découverte sous-marine de murs massifs mit en évidence l'existence d'un port antique très important, qui était la porte du sous-continent. Cela vint corroborer l'histoire de la disparition de la ville de Krishna sous les eaux, considérée jusque-là comme un « mythe » du Mahabharata, épopée « aryenne » dans laquelle Krishna joue un rôle central. Les ruines de Dwaraka sont pour le moment datées au carbone 14 aux alentours de 1500 av. J.-C., ce qui ne correspond pas à l'époque traditionnellement attribuée à l'ère de Krishna, vers 3100 av. J.-C. (suggérons toutefois que des fouilles plus poussées pourraient révéler des vestiges plus anciens). Quoi qu'il en soit, cette date « récente » est incompatible avec une arrivée de tribus primitives aryennes dans le sous-continent vers la même époque. Ou alors, si Dwaraka était un développement tardif de la civilisation harappéenne (et « préaryenne » selon la vieille théorie, ne l'oublions pas), qu'advient-il du lien entre celle-ci et le dieu « aryen » Krishna, ou, tout au moins (si l'on nie à Krishna l'honneur d'une existence physique) avec le Mahabharata ? Cette énigme créée artificiellement par la théorie aryenne serait-elle la raison pour laquelle la redécouverte par S.R. Rao de la Dwaraka antique n'a pas attiré le même degré d'attention que la Troie antique de Schliemann ?
     Faut-il davantage de preuves ? Elles ne manquent pas. L'anthropologie et la génétique nous en fournissent, car elles ont établi une continuité biologique dans les populations de nord-ouest de l'Inde vers la période de l'invasion supposée, ce qui interdit toute « invasion ». L'astronomie aussi, puisque le symbolisme védique se réfère à des événements célestes tels que solstices et équinoxes que l'on peut situer entre 4 000 et 6 000 ans av. J.-C. On a aussi trouvé des arguments convaincants dans les mathématiques anciennes, la métallurgie... mais ce devrait suffire*.



Une perspective nouvelle

     Les avocats de la théorie de l'invasion aryenne se retrouvent dans une position semblable à celle des astronomes géocentriques, lesquels étaient obligés d'assigner des orbites extrêmement compliquées et anormales aux planètes pour continuer à les faire tourner autour de la terre. Nos « invasionistes » ne craignent pas de s'enfermer dans des anomalies analogues, pourvu qu'ils puissent d'une manière ou d'une autre préserver l'origine non indienne de la civilisation de l'Inde, et la chronologie tronquée qui en résulte. Mais pour peu que l'on regarde les choses sans a priori, en prenant en compte les preuves tangibles, le tableau de l'Inde ancienne qui émerge est celui d'une continuité à travers les âges : la période védique précédant ou coïncidant avec la civilisation de l'Indus, suivie de la civilisation du Gange. Il demeure, il est vrai, beaucoup à intégrer dans cette nouvelle perspective, et bien davantage encore à découvrir, mais on respire déjà un peu mieux.
     Ce tableau n'est pas un fantasme : il s'appuie à la fois sur la tradition et la recherche moderne. Il est vrai que l'archéologie est loin de confirmer les dates traditionnelles de la chronologie indienne, mais rien, dans notre connaissance de ces temps reculés, ne légitime ce sophisme d'une démarcation totale entre les races, langues, cultures et même divinités aryennes et dravidiennes (Shiva est dravidien, Vishnou est aryen !). Quels que soient les virages que la civilisation indienne ait pu prendre, quelles qu'aient été les migrations vers ou à partir de l'Inde, une coupure rigide entre une Inde pré et postaryenne ne trouve sa justification ni dans les écritures, ni dans l'archéologie. On peut prédire sans crainte que les futures découvertes archéologiques ne cesseront de confirmer la continuité fondamentale de la civilisation indienne.

     Pourquoi, pourrait-on se demander enfin, tant se soucier de démystifier une théorie sur un passé si lointain ? Précisément parce qu'elle nie ce passé. Parce qu'elle fait du Véda un fatras de superstitions presque dépourvu de sens, concocté par des barbares primitifs. Parce qu'elle bafoue ce qui a été la source de la vie et de la force spirituelle de l'Inde depuis des millénaires. Et parce que le passé n'est jamais passé, jamais mort, et qu'il détient souvent la clef de l'avenir.

« Retrouver la parfaite vérité du Véda n'est donc pas seulement souhaitable pour satisfaire notre curiosité intellectuelle moderne, c'est aussi une nécessité pratique pour l'avenir du genre humain, affirmait Sri Aurobindo. Car je suis fermement convaincu que, lorsque le secret caché dans le Véda aura été entièrement dévoilé, on s'apercevra qu'il livre la formule parfaite de la connaissance et de la pratique d'une vie divine auxquelles l'humanité en marche – après de longs errements dans la satisfaction de l'intellect et des sens – doit inévitablement revenir. »

 

Michel Danino

 

(Michel Danino vit en Inde depuis plus de vingt-cinq ans. Il a traduit et dirigé plusieurs ouvrages en anglais au sujet de Sri Aurobindo et de Mère, et donne de nombreuses conférences sur la culture indienne dont plusieurs ont été publiées. Il est également l'auteur d'un livre sur le problème aryen du point de vue indien, « The Invasion That Never Was ». En 2001, Michel Danino a réuni le « Forum International pour l'Héritage indien », avec 160 éminentes personnalités indiennes.)



* Pour plus de details, consulter : The Politics of History de N. S. Rajaram (Delhi, Voice of India, 1995),     Update on the Aryan Invasion Debate de Koenraad Elst (New Delhi, Aditya Prakashan, 1999), et The     Invasion That Never Was de Michel Danino.




 

     
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