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La Revue de l'Inde

Spécial Tibet et bouddhisme

(numéro 4)

Numéro spécial sous la direction de Claude Arpi
Revue trimestrielle (juillet - septembre 2006)

En librairie le 13 juillet 2006

 


É
ditorial

     Voici donc ce numéro spécial Tibet et bouddhisme.

     Claude Arpi – l’un des meilleurs spécialistes du Tibet de notre époque et auteur du livre Tibet, pays sacrifié (Ed Calmann-Lévy) – dirige ce dossier et nous explique pourquoi le Tibet est indissociable de l’Inde. Il nous semblait nécessaire aussi de rendre hommage au Tibet, pays sacrifié, pays bafoué, où, depuis l’invasion chinoise, un million d’êtres humains ont trouvé la mort, directement ou indirectement. Nous dédions également ce numéro à ces quelques cinq millions de Français qui s’intéressent, de près ou de loin, au Tibet ou au bouddhisme. Enfin, nous rendons hommage à l’Inde, terre d’asile, terre d’accueil, où depuis près de deux millénaires des minorités persécutées ont trouvé refuge : chrétiens de Syrie, adorateurs de Zoroastre (Parsis), juifs fuyant la destruction du Temple de Jérusalem, Arméniens, les bahaïs d’Iran et bien sûr les Tibétains.

     McLeod Ganj, près de Dharamsala dans l’État indien de l’Himachal Pradesh, où vit la communauté tibétaine en exil, est un mini Tibet miraculeusement transplanté en Inde : les Himalayas dressent leurs pics neigeux en arrière-plan ; au milieu de la rue principale, des moulins à prières tournent inlassablement, comme mus par une main invisible, et émettent un son grave et plaintif, un peu peut-être comme le bruit du vent sur les hauts plateaux tibétains ; et partout des moines en robe pourpre qui vont l'air absent et un sourire aux lèvres, comme allait leur illustre patron il y a plus de deux mille ans.

     Dans ce numéro, des interviews exclusives du karmapa, de Samdhong Rinpoché, Premier ministre du gouvernement démocratique tibétain en exil, et bien sûr, du dalaï-lama. Tenzin Gyatso, quatorzième dalaï-lama – Océan de sagesse, Tout parfait, Lotus vénérable – ne prétend rien, ne prêche rien, n’impose rien, mais au fur à mesure que l’interview avance, nous sentons insensiblement une émotion vous serrer la gorge. Et l’on s’émerveille devant cet homme, que les Chinois bafouent constamment, mais qui sourit toujours et ne dit jamais du mal de personne.

     Je laisse la parole à Claude Arpi, et à tous ceux, connus ou inconnus, qui ont collaboré à ce numéro spécial. Ce dernier deviendra, nous le pensons, un ouvrage de référence sur le Tibet et le bouddhisme en France.

François Gautier


François GautierÉcrivain, journaliste et photographe, François Gautier fut le correspondant en Inde et en Asie du Figaro durant huit ans et travaille aujourd'hui pour Marianne.
Il est l'auteur d'Un autre regard sur l'Inde (Le Tricorne, 1999), de Swami, PDG et moine hindou (J.P. Delville, 2003), et de La caravane intérieure (Les Belles Lettres, 2005).

 

 

 

La Lumière venue de l’Inde

Claude Arpi


     On pourrait se demander pourquoi consacrer un numéro spécial de la Revue de l’Inde au bouddhisme et au Tibet ? Les raisons sont nombreuses et la première est simple : celui que Sir Erwin Arnold a décrit comme : « la lumière de l’Asie ; par les hommes Prince Siddhârta nommé ; l’Incomparable sur terre, dans les cieux et aux enfers, celui que tous ont honoré, les plus sages, les plus puissants, les plus pitoyables » est né en Inde, a vécu en Inde et a prêché en Inde.
     Né il y a exactement deux mille cinq cents cinquante ans sur les contreforts de l’Himalaya, Gautama le Bouddha est peut-être l’être qui a le plus influencé non seulement son pays de naissance, mais aussi l’Asie toute entière.
     L’influence de l’Éveillé devait complètement disparaître du sous-continent indien avec les invasions musulmanes du Nord de l'Inde. La fin du XIIe siècle marque les derniers jours de la présence de sa doctrine dans son propre pays.
     Mais le dharma n’était pas mort, il a subsisté pendant des siècles dans toute sa pureté sur les hauteurs de l’Himalaya (surtout au Tibet) et sous diverses formes en Chine, en Corée, en Mongolie, au Japon, au Sri Lanka, dans la péninsule indochinoise et beaucoup d’autres régions de l’Asie. Le dalaï-lama aime à plaisanter que, vu son climat, le Tibet était un congélateur extraordinaire pour la tradition bouddhiste.
     Par un curieux concours de circonstances, l’arrivée d’un régime athée en Chine devait pratiquement faire disparaître toute trace de l’enseignement du Bouddha sur le Toit du monde. Mais les Tibétains voient ce qui leur est advenu différemment : le temps de la décongélation était arrivé.
     Et le retour de cette philosophie de vie et des ces anciennes techniques comme la méditation n’allaient pas être limitées à l’Inde, elles allaient se propager en Occident et aussi, nous le verrons, en Chine même.
     Au travers de nombreuses interviews dont celle exclusive du dalaï-lama, nous essaierons de comprendre comment la lumière venue de l’Inde s’est répandue en France.
     Le début des années soixante vit cette « renaissance » de l’ancienne sagesse et cela grâce à un groupe de lamas savants et dévoués ainsi que des émissions de TV dont celles d’Arnaud Desjardins. C’était « Le Message des Tibétains » qui commençait à se répandre sur une terre perdue dans un matérialisme à outrance et assoiffée d’une philosophie de vie plus profonde. Le dalaï-lama devait jouer un rôle prépondérant dans cette « nouvelle propagation ». Nous le remercions d’avoir donner un nouvel éclairage sur ce mouvement.
     La plupart des articles de cette Revue nous amèneront sur les traces de cette nouvelle naissance, citons en particulier celui de Matthieu Ricard sur les rapports entre la science moderne et les techniques spirituelles traditionnelles ; celui de Kim Yeshe sur la cérémonie du kalachakra que le dalaï-lama a déjà présidé trente fois ou encore l’article de Catherine Barry qui présentera en août pour la cinq centième fois son émission « Voix Bouddhistes » sur France 2.

     Depuis plus de trente ans que je m’intéresse à la question tibétaine, il y a quelque chose que je ne comprends toujours pas. Au fur et a mesure que l’engouement s’amplifie, la question du Tibet elle, semble reléguée tous les jours un peu plus profond dans la mémoire des hommes politiques. Prenez par exemple le chef de l’État français ; il y a encore quelques années alors qu’il occupait l’Hôtel de Ville de Paris, on l’entendait souvent dire « mon ami le dalaï-lama », mais depuis qu’il a déménagé à l’Élysée, il semble avoir été pris par la frilosité du lieu et il en oublie même de recevoir le pontife tibétain lorsqu’il est de passage à Paris. Pourquoi cette dichotomie grandissante ?
     Nous aurons quelques éléments de réponse dans l’interview de Samdhong Rinpoche, le Premier ministre du gouvernement tibétain en exil ; dans celle de Lodi Gyari Rinpoche qui conduit le « dialogue » avec la république populaire de Chine ; avec celle de George Fernandes, l’ancien ministre indien de la Défense, et dans les articles d’autres spécialistes comme Claude Levenson.

     Mais l’éclairage le plus intéressant vient du dalaï-lama. Pourquoi faut-il que vous occidentaux voyez tout en « noir ou blanc » ? Il faut prendre une situation dans son intégrité et peut-être que les poussées de la doctrine de paix et de non-violence en Occident et en Asie ne sont qu’une première étape, la plus importante vers une solution politique pour le Toit du monde. C’est sans doute pourquoi, nous répéta le chef religieux et temporel du Tibet, la question tibétaine n’est pas sa première priorité.

     Une autre question m’a toujours hanté : « pourquoi cette catastrophe est-elle survenue ? Pourquoi le Tibet ? »
     À peine deux années avant de passer dans les « Champs Célestes », Thubten Gyatso, le treizième dalaï-lama écrivit un testament. Il y prophétise ce qui arrivera au Pays des neiges moins de 20 ans plus tard.
     Le destin rattrapa le Tibet ce jour d’octobre 1950 lorsque les armées de Mao pénétrèrent au Tibet. Dans le même testament, le treizième dalaï-lama citait une autre invasion chinoise, celle de 1910, « Le résultat de notre karma méritoire, des nombreuses prières et des cérémonies qui ont eu lieu au Tibet, est que des dissensions internes se sont produites en Chine. »
     Il serait présomptueux de dire, si les événements à venir prendront un même tour similaire. Mais il n’est pas impossible que ces trente kalachakras et les aspirations de plusieurs dizaines de millions d’hommes et de femmes qui croient à la justice sur cette planète, fassent lentement changer l’équilibre politique en Asie en faveur du Tibet.
Probablement que le retour de la doctrine du Bouddha, surtout en Chine aura le pouvoir de changer le destin du Pays des neiges. L’avenir nous montrera la justesse de ce raisonnement.
     Et attendons, nous tenons à remercier tous ceux qui ont collaboré à ce numéro spécial de la Revue de l’Inde, car il n’y a pas doute c’est le message même de l’Inde qui se répand aujourd’hui sur la terre, et ceci à travers celui du Grand Moine dont nous célébrons cette année les deux mille cinq cents cinquante ans.

 


Français, Claude Arpi vit en Inde depuis plus de 29 ans.
Il est non seulement un spécialiste du Tibet mais aussi des relations sino-indiennes et indo-pakistanaises qu'il analyse dans son nouvel ouvrage Cachemire, le paradis perdu publié en octobre 2004 aux Éditions Philippe Picquier.
Il est également l'auteur de deux autres livres : La politique française de Nehru 1947-1954 et Long and dark shall be the night : the Karma of Tibet.
Claude Arpi écrit aussi régulièrement des articles pour Rediff.com, le permier portail indien d'informations et le journal indien The Pioneer.
E-mail : claude@auroville.org.in ou tibpav@satyam.net.in



Sommaire

ÉDITORIAUX
 
François Gautier
 
Claude Arpi
La lumière venue de l'Inde
 
LE DALAÏ-LAMA
 
Le Treizième Dalaï-Lama
Le testament : longue et sombre sera la nuit
Jean Claude Carrière
Tenzin Gyatso, le quatorzième dalaï-lama du Tibet
Entretien avec Sa Sainteté le dalaï-lama
L'humanité est ma priorité
 
 
POLITIQUE / ACTUALITÉ
Claude Arpi
Le triangle : Inde, Tibet et Chine
Une interview de Lodi Gyari
Le dialogue avec la Chine
François Gautier
Un lion en cage : le dix-septième karmapa
Interview de George Fernandes
Le fidèle parmi les fidèles
 
TÉMOIGNAGES
 
Entretien avec Dagpo Rinpoché
Les premiers pas du bouddhisme en France
Catherine Barry
La France, terre d'accueil privilégié du bouddhisme en Occident
Antony Raimbault
Un jeune bouddhiste en France
Pasang Memmishofer Une tibétaine entre deux cultures
Entretien avec Arnaud Desjardins
Le message des rinpochés tibétains
Michel Jonasz Mon parrainage
   
SOCIÉTÉ ET RELIGION
 
Claude Arpi
Le déclin du bouddhisme en Inde
Propos de Samdhong Rinpoché
La non-violence n'est pas une alternative
Claude B. Levenson
Escale tibétaine à Amaravathi
Kim Yeshe
Le kalachakra 2006
 
OPINIONS
 
Matthieu Ricard
Redonner à la méditation ses lettres de noblesse
Entretien avec Louis de Brossia
Les raisons de mon engagement
Ann Riquier
Résistance au féminin
Les nonnes de Drapchi
Chants de prison
Jean-Yves Lung
La géopolitique de l'ahimsa
 
ART & CULTURE
 
Ashok Thakur
Les gompas du Lahoul-Spiti
P.P. Wangchuk
Le Ladakh, pays des cols
Dominique Rabotteau
Dreaming Lhasa, un film de Ritu Sarin et Tenzin Sonam
Pierre-Antoine Donnet
Angry Monk, un film de Luc Schaedler
Claudine Vernier-Palliez
Trouver le chemin de Véronique Jeannot
Philippe Horellou
Le Bouddha d'Azur de Cosey
Anne Bonneau
L'été prochain à Lhassa de Claude B. Levenson
   
BIEN-ÊTRE  
Dr Dorjee Rabten Neshar La médicine tibétaine
 
DIGEST
 
IInde Tibet Digest
Catherine Barry
Le bouddhisme en France
   
INFORMATIONS UTILES  
  Adresses utiles
  Le dalaï-lama à Rennes en juillet 2006




Prix au numéro : 11 euros
La Revue de l'Inde
Revue généraliste
11 euros / 170 pages
 
Contact presse : Dany de Ribas ; tél : 01 45 48 58 26
Mail : dany.lesbelleslettres@fr.oleane.com
Province : Emilie Lebarbier ; tél : 01 45 48 58 26
Mail : e.lebarbier.lesbelleslettres@fr.oleane.com
   

 

 

           
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